Le PTB, par la voix de son porte-parole, Raoul Hedebouw, tient à réagir au sujet de la mise à l’arrêt de la phase à chaud de la sidérurgie liégeoise : « Une fois de plus, Liège est dans la difficulté. La recherche de profit condamne les travailleurs de notre bassin à la précarité du chômage. Les dernières donnes financières publiées par ArcelorMittal pour 2010 montrent pourtant que malgré la crise, la multinationale continue à faire des bénéfices énormes à hauteur de 2,9 milliards d’euros et que ses actionnaires ont reçu un retour sur investissement de 15 %. »
Pour maintenir ces marges bénéficiaires, ArcelorMittal a développé pour 2012 la stratégie suivante : réduire les coûts d'un milliard d’euros et faire fonctionner certains hauts fourneaux à 100 % plutôt qu'à 75 %. A production égale, il veut donc fermer d’autres hauts fourneaux et supprimer des emplois sans se soucier des conséquences humaines de ces choix.
Dans tous les secteurs de l'entreprise à Liège, les sidérurgistes membres du PTB entendent leurs collègues s'interroger sur leur avenir et sur celui de la région. Inquiétude partagée par le porte-parole du PTB : « Que deviendrait la région liégeoise sans sa sidérurgie et les 10 000 emplois directs et indirects qui y sont liés ? »
Et d’enchaîner : « ArcelorMittal pourrait choisir de répartir la production d’acier sous forme de quotas sur les différents sites européens sans perte d'emplois. C'est ce que nous prônons comme solution aujourd'hui. Pour cela, ArcelorMittal devrait puiser dans une partie de ses bénéfices pour envisager cette solution qui serait pour les travailleurs socialement acceptable. »
Et Raoul Hedebouw d'adresser un message au monde politique liégeois : « Cette situation absurde aurait pu être évitée. Par ce qui se passe à Liège, on voit toute la limite des aides de l’État. En effet, ArcelorMittal reçoit des centaines de millions d’euros d’aides publiques sous différentes formes. » Par exemple, pour l'exercice fiscal de l'année 2009, ce sont pas moins de 1,3 milliard d'euros que la multinationale a déduit de ses impôts via le système des intérêts notionnels pour payer, au final, moins de 500 euros d'impôts. Raoul Hedebouw continue : « Et Quelles conditions met-on à ces aides ? Aucune ! Absolument aucune ! Nous demandons que des lois imposent des contraintes en terme d'emplois et de volume de production à ces grandes entreprises qui profitent de l’argent collectif. »
Et si ArcelorMittal refuse de respecter des contraintes en matière d'emploi et de production ? « Il faudra que le politique prenne ses responsabilités et envisager que la sidérurgie liégeoise quitte la sphère privée et rentre dans une dynamique publique, dynamique qui serait coordonnée à l'échelon européen par une régie publique de l'acier. » Le PTB estime que les autorités publiques peuvent rectifier les erreurs de l'époque Cockerill Sambre où la sidérurgie a été bradée au privé. La sidérurgie peut être autre chose qu'une source de profit pour des groupes industriels comme ArcelorMittal. Elle peut être aussi être une source pour favoriser l'emploi et la consommation dans la région.
Contact presse – Raoul Hedebouw : 0477/986510