
Le conseiller communal du PTB, le docteur Harrie Dewitte, au marché de Genk. Après la détection de métaux lourds chez les jeunes, il veut que les enfants soient suivis gratuitement sur le plan médical. (Photo Solidaire, Peter Vanloffelt)
Une enquête de l’organisation néerlandophone qui travaille sur l’environnement et la santé, Steunpunt Milieu en Gezondheid, auprès de 197 garçons et filles de 14 ans de Genk, révèle qu’ils ont trop de substances nocives dans le corps. Le Dr Dewitte qui, ces dix dernières années, s’est plongé dans la problématique de l’environnement à Genk où, depuis 2007, il siège au conseil communal en tant que membre du PTB+, a reçu nombre de parents inquiets. Il a répondu dans un bulletin d’info distribué dans les quartiers comment, selon lui, il convenait d’aborder cette affaire.
Plus grave qu’il ne paraît
Harrie Dewitte affirme que la véritable situation est sans doute plus grave que ne le révèle l’enquête. Le chrome 6, très nocif, n’a pas été mesuré, ce qui avait été effectué lors d’une précédente enquête. Il avait été décelé à l’époque en des quantités bien trop élevées. Pas plus qu’on n’a décelé de nickel non soluble, lequel est nocif et cancérigène, alors que le nickel soluble, et non nocif, a bel et bien été mesuré. En outre, il se fait que cette enquête a eu lieu à un moment où, du fait de la crise, les entreprises de Genk-Sud fonctionnaient à un rythme plus réduit.
Docteur à Médecine pour le Peuple, Harrie Dewitte n’est pas tendre envers les autorités communales : « Depuis six ans déjà, des rapports effrayants sur les risques de santé à Genk-Sud sont envoyés un peu partout. En 2002, il était déjà avéré que l’air contenait des quantités élevées de métaux, de dioxines et de particules fines. Mais ce rapport a été classé sans suite. Notre propre enquête auprès de bébés de 0 à 2 ans a montré que la moitié des enfants souffraient d’asthme. Là non plus, on n’a rien fait. »
Entre-temps, la Ville a tout de même accordé des dizaines d’autorisations environnementales qui ont aggravé la situation. En 2007, la centrale électrique de Langerlo, à Genk-Sud, a eu l’autorisation de stocker 100 000 tonnes de boues toxiques et 100 000 tonnes de déchets de bois tout aussi nocifs. Et, en 2009, les autorités communales ont donné un permis d’extension à la firme Recmix. L’entreprise traite les scories de l’entreprise voisine Aperam (anciennement ALZ). La Ville n’a pas tenu compte des protestations des riverains et n’a pas répondu non plus à la proposition du docteur d’isoler l’entreprise toute proche Termien au moyen d’un écran de verdure.
Actions du PTB
Au conseil communal de Genk, le PTB+ est la locomotive qui, ces dernières années, a fait réaliser pas mal de choses sur le plan environnemental : « Nous avons pu faire déménager l’école de Sledderlo – le quartier de Genk-Sud le plus frappé par la pollution et où les enfants ont littéralement été empoissonnés – vers un endroit plus sain. » Et Aperam (anciennement ALZ) s’est vu imposer 35 mesures, de sorte que les nuisances sonores ont fortement diminué et que les rejets de chrome et de nickel ont considérablement baissé…
Mais il y a encore beaucoup de choses à résoudre. C’est ce qui ressort clairement de la dernière enquête. Dans les cabinets de consultation des docteurs de la maison médicale du Kolderbos, un autre quartier de Genk-Sud, les habitants viennent avec leurs questions et leurs préoccupations : « Docteur, j’ai quatre enfants, je ne peux quand même pas leur faire subir ça, j’aimerais déménager, mais je n’en ai pas les moyens… »
Bien vite, il a été décidé de rédiger un bulletin d’infos sur la question. Celui-ci sera distribué dans tous les quartiers de Genk. Au sein de l’équipe de médecins, certains aident Harrie Dewitte et s’engagent à leur tour dans la problématique environnementale. Le docteur du peuple dispose en outre d’un réseau d’experts qui l’aident volontiers de leurs conseils scientifiques.
Des propositions concrètes
On ne pourra reprocher à l’équipe du PTB+ à Genk de ne s’en tenir qu’à la formulation de critiques. Chaque fois, elle avance des propositions claires et concrètes.
« Aucune usine ne doit fermer. Les technologies existent pour réduire fortement la pollution atmosphérique. On ne peut plus accorder un seul permis environnemental. Ni dans l’atmosphère ni dans l’eau, écrivait le PTB+ dans son bulletin adressé aux habitants de Genk. Et on doit toutefois examiner toutes les données de toutes les entreprises sur un seul territoire. »
Enfin, Harrie Dewitte propose que tous les enfants de 6 à 12 ans des quartiers avoisinants aient l’occasion de faire mesurer gratuitement une fois par an les métaux lourds dans leur urine. Et tout le monde doit avoir la possibilité de subir un examen des poumons et des facultés d’apprentissage (concentration). Les enfants avec des résultats insuffisants devront être suivis de façon plus soutenue.
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