Samedi 19 avril 2008 mourait Daniël Van Bos. Ce travailleur avait près de vingt ans d’ancienneté à la section acide cyanhydrique de l’entreprise chimique anversoise Evonik-Degussa. La section où il travaillait devait subir un grand entretien de quelques jours. Peu de temps après être allé rincer les conduites, Daniël était retrouvé dans un état critique. Quelques heures plus tard, il mourait.
Daniël est probablement mort d’avoir inhalé de l’acide cyanhydrique, un gaz mortel. Selon l’inspection technique qui, à l’époque, était venue sur place pour enquêter, il y avait assez de preuves pour faire peser des soupçons sur les principaux chefs. Les travaux avaient dû être effectués dans des délais irréalistes, avec trop peu de personnel, et sous la pression considérable des patrons, qui exigeaient de reprendre la production le plus rapidement possible. La responsabilité qui, initialement, incombait aux chefs, a alors été rejetée sur les « équipes autonomes ». Dans ces circonstances, toute une série de prescriptions n’ont pas été respectées. Aujourd’hui, trois ans et demi plus tard, ni l’ancien directeur, ni le responsable de la sécurité ni l’entreprise ne seront poursuivis par la chambre du conseil d’Anvers, et ce, pour « raisons insuffisantes ».
La mort de Daniël a mené à une amélioration d’un certain nombre de procédures de sécurité au sein de l’entreprise. Cependant, il n’y aura pas de désignation de responsable ni, partant, de signal clair indiquant que les directions ne peuvent plus continuer à décider impunément de restrictions au détriment de la sécurité des travailleurs.