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3 février 2012 00:03 | Il y a : 112  jour(s)
| Thème: En direct des entreprises, Belgique, Sidérurgie - Non ferro

Etude du PTB :: Bekaert : tous les chiffres exacts

Dans les implantations belges de Bekaert, 600 emplois passent à la trappe, dont 380 dans le département « fil à scier » à Aalter. Pourtant, en mars 2011, la direction avait garanti la sécurité d’emploi jusqu’au 30 juin 2014, dans une CCT avec le personnel.

Service d'étude du PTB

Télécharger l'étude en PDF.

La direction fait allusion dans un communiqué de presse « à des changements structurels rapides dans le marché mondial de l’énergie solaire », à « l’insécurité croissante dans les autres marchés » et à « l’instabilité générale à plus long terme ». Autrement dit : les travailleurs se voient refiler la facture d’une crise qu’ils n’ont pas provoquée.

Que Bekaert jette 600 travailleurs à la rue est injuste. Nous alignons quatre raisons. Quatre faits douloureux concernant une multinationale belge qui fait passer ses actionnaires en premier lieu, et non les gens. 

/1/ Bekaert reçoit 39 millions d’euros de déduction des intérêts notionnels

Le centre de coordination de Bekaert paie… 0,0 euro d’impôt, grâce à la déduction des intérêts notionnels. Dans le top 1.000 des entreprises qui, en 2010, ont évité le plus les impôts, le centre de coordination de Bekaert se situe en 485e place. Il reçoit une déduction des intérêts notionnels de 39.244.410 euros... alors que ses bénéfices s’élèvent à 18 millions d’euros. En d’autres termes : le centre de coordination de Bekaert paie 0,0 euro d’impôt et reçoit du fisc belge un cadeau de 21 millions d’euros pour l’année suivante.

Seuls ces 39 millions d’euros de déduction des intérêts notionnels suffisent largement à sauver les 600 emplois de chez Bekaert. Pour cela, il faut 21 millions d’euros par an (calculé sur un coût en salaire brut de 3.000 euros/mois).

/2/ La SA Bekaert ne paie déjà plus d’impôt depuis cinq ans

SA Bekaert : Profits et impôts

Année

Profit avant impôt

Profit après impôt

Impôt payé

Impôt des sociétés normal

Cadeau fiscal

2006

62.481.369

60.167.626

-723.981

21.237.417

21.961.398

2007

84.985.557

86.768.327

-1.347.094

28.886.591

30.233.685

2008

-63.093.647

-58.586.287

-779.311

0

779.311

2009

36.499.026

39.364.770

-769.963

12.406.019

13.175.982

2010

3.767.867

4.759.842

-969.172

1.280.698

2.249.870

 

 

 

 

 

 

TOTAL

124.640.172

132.474.278

-4.589.521

63.810.725

68.400.246

Ces cinq dernières années (de 2006 à 2010, en fait, les chiffres de 2011 n’étant pas encore connus), la multinationale Bekaert a réalisé au total 124 millions d’euros de bénéfice. Sur cette somme, Bekaert a payé – surtout via l’échappatoire fiscale des « rentrées définitivement imposées » (RDI) – 0,0 euro d’impôt.

/3/ Les dividendes ont doublé en cinq ans

Alors qu’un emploi sur quatre risque de passer à la trappe, les dividendes pour les actionnaires ont doublé. Le dividende net que le groupe Bekaert verse à ses actionnaires est passé de 0,63 euro par action en 2006 à 1,25 euro par action en 2010. Dans son rapport annuel de 2010, le groupe promet à ses actionnaires « un dividende stable et croissant », avec comme but ultime un « taux de paiement de 40 % du bénéfice ». Chez Bekeart, « en raison de l’instabilité générale à long terme », 600 emplois doivent disparaître, mais les actionnaires peuvent toutefois nourrir la perspective d’un « dividende stable et croissant ».

Dividendes (net) (Groupe Bekaert)

Année

IN €

2006

0,63

2007

0,69

2008

0,7

2009

0,74

2010

1,25

Croissance 2006-2010

98,14 %


En outre, l’entreprise ne fait absolument pas mauvaise figure sur le plan international. Selon les chiffres clés les plus récents de Bekaert, la marge de bénéfice brut durant le premier semestre de 2011 a été supérieure à 19 %, soit nettement au-dessus de l’objectif de 15 % que se proposait Bekaert même.

EBIDTA/Sales (groupe Bekaert)

1990-2004

11,80 %

2005-2011

15,60 %

2009

15,80 %

2010

22,20 %

2011 (premier semestre)

19,20 %

Long term guidance

15,00 %

/4/ Encore quelques chiffres remarquables…

La famille Velge-Bekaert, qui a bâti sa fortune familiale grâce à la sueur de plusieurs générations de métallurgistes travaillant chez Bekaert, se situe selon les derniers chiffres de Ludwig Verduyn à la 6e place de la liste des familles les plus riches de Belgique. La fortune familiale s’élève à 1,769 milliard d’euros. Par rapport à 2000, c’est une augmentation de 256 pour 100.

Une taxe des millionnaires sur la fortune des Bekaert rapporterait 53 millions d’euros. Et la seule « taxe de crise » suffirait à maintenir au travail tous les travailleurs de Bekaert.

Bert De Graeve, PDG de Bekaert, touche chaque année un salaire faramineux de 1,3 million d’euros. Le président du Conseil d’administration, le baron Buysse, gagne 500.000 euros par an.

Remunération du Président & du PDG (2010)

Baron Buysse (président)

500040

Bert De Graeve

1348830

Koen Hostyn et Tom De Meester, 2 février 2012 - Contact : Koen Hostyn (0498/37.83.52)

 


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Franck, 10-02-12 09:32:
Votre premier point propose des chiffres incorrects. Si vous vous basez sur un salaire de 3000€/mois, que vous le multipliez par 600 employés, puis par 13.92 (12 mois + double pécule + prime de fin d'année) puis par 1.34 (taxe patronale), on arrive à 33.575.040€. Ce coût-là n'est bien entendu que le coût du salaire pour l'employeur. Si vous ajoutez d'autres avantages auxquels les employés ont droit (style chèques-repas, assurance groupe ou hospitalisation, éco-chèques, voitures de société), un employé coûte bien plus cher à son employeur que 11,66 fois son salaire brut mensuel.
Ivan, 03-02-12 15:10:
Ne serait-il pas opportun que vous publiés largement dans le public les mêmes chiffres des 1.000 premières entreprises en Belgique afin que tout citoyen sache à quoi s'en tenir
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