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2 février 2012 23:53 | Il y a : 112  jour(s)
| Thème: Belgique, En direct des entreprises, Sidérurgie - Non ferro

Bombe sociale chez Bekaert : 600 emplois supprimés

Dans l’entreprise de transformation de métaux, 600 emplois vont disparaître. C'est ce qu'a annoncé ce matin la direction lors d'un conseil d'entreprise extraordinaire. Elle invoque la crise économique et l'incertitude qui en découle.

Rédaction en ligne

Chez le personnel, la nouvelle a fait l'effet d'une bombe. L'an dernier, un nouveau conseil d'administration a garanti aux travailleurs la sécurité d'emploi jusqu'au 30 juin 2014. Il ne reste absolument rien de ces promesses.

« Nous vivons, depuis un certain temps déjà, un important chômage technique, explique Kenneth Blomme, le délégué principal de la FGTB à Bekaert Aalter. Le marché des “fils à scier” s'est totalement écroulé. Mais c'est un coup très dur. Personne ne s'attendait à autant de licenciements secs. » Même son de cloche chez Marc Staelens, secrétaire de la FGTB Métal : « Plus inattendu que ça, impossible, déclare-t-il. Nous sommes en pleine crise économique. et, ces derniers mois, il y avait déjà beaucoup de chômage économique. »

A Zwevegem, 154 emplois passent à la trappe; à Ingelmunster, 68. L'implantation de Aalter est lourdement touchée. La direction veut se débarrasser de 387 emplois sur 490. Il resterait à peine 100 personnes. A Aalter on fabrique surtout du « fil à scier », avec lequel le silicium est découpé pour les panneaux solaires. Le marché mondial des panneaux solaires étant en train de s'effondrer, Bekaert vend moins de « fil à scier ». « La concurrence entre Bekaert et les fabricants japonais est sans merci, précise Marc Staelens. C'est une véritable guerre, et ce sont les travailleurs qui tombent au front. »

Au plan international, le groupe Bekaert n'est cependant pas évalué comme déficitaire. Entre 2008 en 2010, son gain brut a grimpé de 400 à 700 millions d'euros, en particulier grâce à des investissements rentables dans les régions émergentes d'Asie et d'Amérique latine. Alors que les dividendes affluent dans les poches des actionnaires, Bekaert taille toujours davantage à la hache dans le personnel de son pays. Même à Zwevegem, où le géant du métal a vu le jour. Le baron Bekaert a amassé une fortune familiale de plus d'1,7 milliard euro sur la sueur de générations de travailleurs de la métallurgie.

« Bekaert y va à la tronçonneuse, déclare la secrétaire CSC Metea Els De Vos. Que le marché des panneaux solaires s'effondre n'est qu'une partie de la vérité. Bekaert-Aalter existe depuis quarante-cinq ans. On y a d'abord construit la production de fil d’acier, mais qui a fini par ne plus avoir d'avenir; au contraire des produits innovants de haute technologie comme le fil à scier. Mais voilà, cela passe aussi à la guillotine. Et maintenant ? Pour la direction, nous devons nous résigner, mais ce n’est pas ce que nous allons faire. »

Le secrétaire de la FGTB Marc Staelens confirme : « En tant que syndicat, nous plaidons depuis des mois pour de nouveaux investissements. Bekaert-Aalter a besoin de nouveaux produits, mais que nous n'avons jamais vu arriver. »

Els De Vos : « Bert De Grave parle tout à fait à la légère de ces licenciements, cela ne le touche pas. Mais, ici, nous parlons de gens, et de gens qui, en pleine crise, vont se retrouver au chômage. Moi, je ne prends pas du tout cela à la légère. Certainement pas quand on voit les mesures de faveur qui sont accordées aux patrons. il suffit de voir les intérêts notionnels. Les grandes multinationales ne paient quasiment pas d'impôts, mais mettent quand même les gens à la rue. »

 

 


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