Des mouvements de jeunes qui ont constitué une coalition place Tahrir, celui du 6 avril est le plus connu. Il a été fondé par Israa Abdel Fatah, une jeune femme de 27 ans qui, en avril 2008, a lancé un groupe Facebook en guise de soutien aux 20 000 grévistes de l’usine textile d’El-Mahallah El-Koubra. Israa était membre du parti de l’opposition al-Ghad sans pour autant être très active politiquement – elle était plutôt liée à la section socioculturelle de ce parti. Une semaine après la grève, Israa a été arrêtée et accusée d’être la cheville ouvrière des incidents. Pourtant, elle n’avait que propagé l’appel des grévistes à rester chez soi. Son groupe Facebook a très vite compté 80 000 membres.
Le 30 janvier, place Tahrir, était fondée la Fédération égyptienne des syndicats indépendants. Ont pris part à la réunion de fondation : le syndicat indépendant du Real Estate Tax Collectors (le principal syndicat indépendant fondé en 2008, NdlR), l’Union des retraités, les syndicats du personnel de la santé, le syndicat indépendant des enseignants et les dirigeants des comités de grève de Mahalla, Helwan et Sadat City. Le 13 février, la fédération publiait une déclaration dans laquelle elle exigeait que la Fédération des syndicats égyptiens (EFTU), un syndicat d’État collaborant étroitement avec le régime Moubarak, soit dissoute. « La sécurité de l’État a mis sur le dos de la classe ouvrière le président de l’EFTU Hussein Megawer et sa cour. Mais ils ont vendu nos intérêts. La seule chose qui les intéressait, c’était de gagner facilement de l’argent, et vite. Et, bien sûr, ils n’ont pas tardé à devenir millionnaires et à vivre dans de luxueuses villas. Nous les mettons au défi de révéler ce qu’ils possèdent. Aujourd’hui, nous sommes arrivés à l’heure des règlements de comptes, l’heure où les gens paieront le prix des crimes qu’ils ont perpétrés contre les travailleurs. »
Lors du week-end des 19 et 20 février et suite à l’invitation du Parti communiste libanais, des représentants des partis communistes égyptien et tunisien ont participé à l’Assemblée extraordinaire de la gauche arabe. La réunion s’est déroulée à Beyrouth. Les représentants du Bahreïn, du Yémen et du Soudan ont été empêchés par leurs gouvernements d’assister à la réunion.
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