Elle dit d’elle-même qu’elle est un « mélange ». Fille d’un père chinois et d’une mère belge, Mei Lan est née à Borgerhout et a grandi à Malines. Depuis septembre 2009, elle vit en kot à Bruxelles. Elle en a toujours rêvé. Une étape obligée, selon elle, pour ceux qui décident de faire des études. Dans son cas, c’est un peu moins évident puisque Mei Lan est aveugle. Mais elle est déterminée : « Si on est aveugle et que l’on a envie de vivre en kot, il faut le faire. La seule différence c’est que cela demande un peu plus de préparation : apprendre par cœur la route qui mène au campus et au magasin, se familiariser avec le train et le métro… ». Et ça vaut pour une série de choses. « ça demande plus d’efforts mais c’est possible ».
Bruxelles est une ville très chouette, un grand centre international où on ne s’embête pas. « Ce genre de grande ville a un caractère un peu impersonnel, mais dans mon cas, c’est une bonne chose. Je peux facilement déambuler avec ma canne blanche dans les rues de Bruxelles qu’à Malines. » Les études de journaliste radio sont un véritable défi qu’elle est prête à relever, certaine de son choix. « Lorsqu’on choisit l’enseignement artistique, il faut savoir où on met les pieds, on jouit d’une grande liberté. On ne peut compter que sur soi-même et ses idées », dit-elle. « La mentalité est plus ouverte que dans l’enseignement secondaire. Au RITS, on peut prononcer le nom de “Che Guevara” sans qu’on vous colle une étiquette de guérillero ! »
Même si depuis qu’elle est aux études, Mei n’a plus beaucoup de temps libre, il lui arrive encore de jouer du saxophone, d’aller faire du jogging, du surf ou du patin à glace. Mais ce qu’elle préfère, c’est le ski. Comment faire du ski lorsqu’on est aveugle ? « Tout simplement », répond-t-elle « avec un moniteur qui ski derrière moi et me guide verbalement, m’avertit si je dois virer à gauche, à droite, ou m’arrêter pour ne pas tomber dans un ravin, ou un truc du genre, ha, ha ! »
Mei a rejoint Comac à 15 ans. Elle connaissait le PTB via sa maman et petite, Mei avait participé à un camp avec les Pionniers. Mei a pris contact avec Comac de sa propre initiative. L’occasion de s’occuper de choses qui l’intéressent, faire des choses avec des gens qui ont les mêmes convictions qu’elle. Elle s’intéresse au racisme, aux relations Flandre - Wallonie, au port du foulard et à la connotation négative donnée au socialisme dans les cours d’histoire.
Comac Malines était un chouette petit groupe et le Camp pour la paix un vrai coup de fouet, comme la fête du 1er mai. « On se rend compte qu’on n’est pas seul. On rencontre d’autres jeunes, comme par exemple ceux de Comac Liège, ou encore des jeunes Palestiniens ou membres du Parti communiste turc ou de Grèce. Nous avons touché des jeunes dont j’étais persuadée qu’elles ne viendraient pas, comme deux de mes amies », explique Mei. « Grâce à Comac je suis restée fidèle à mes idées, je n’ai rien perdu de ma combativité et surtout jamais je n’ai eu le sentiment qu’on ne pouvait rien changer au monde ».
A 18 ans, devenir membre du PTB est pour Mei une suite logique. C’est rejoindre un vrai parti, viser un cran plus haut que Comac : « Je resterai membre de Comac pendant mes études mais je ne serai pas étudiante toute ma vie ! J’ai décidé de commencer à soutenir le PTB en devenant membre. Et une fois mes études terminées, je continuerai d’être membre du parti ».
Ajouter un commentaire