Énergie :: Un rapport européen explique les hausses de prix
Le montant élevé des factures d’énergie et les fortes hausses de prix de ces dernières années servent à remplir les poches des géants européens de l’énergie. C’est écrit noir sur blanc dans le 9e Rapport européen sur l’énergie du bureau d’études Cap Gemini.
Grâce aux prix élevés du gaz et de l’électricité, ces firmes peuvent s’asseoir sur une montagne de 175 milliards d’euros. Rien qu’en 2006, ce pactole a déjà augmenté de 50 milliards. Si on désire savoir, par exemple en Allemagne, pourquoi les prix de l’énergie ont explosé ces dernières années, la réponse se trouve dans ce Rapport européen sur l’énergie : pour arrondir le trésor des sociétés d’énergie.
Ces dernières années, E.ON, le numéro un allemand, s’est constitué un petit cochon de plus de 51 milliards d’euros. De l’argent qui doit servir à reprendre des concurrents étrangers et de replacer les onéreuses centrales d’énergie dans des marchés rentables.
Un butin de 175 milliards d’euros
En Belgique aussi, les entreprises d’énergie ont palpé de gros bénéfices. Grâce à nos factures faramineuses, le groupe Suez, propriétaire d’Electrabel, s’est constitué un trésor de 12,2 milliards d’euros. La filiale d’Electrabel, Distrigaz, qui importe le gaz en Belgique, a mis de côté 1,9 milliard d’euros. Et Fluxys, qui règne en maître sur le réseau du gaz naturel, possède une petite tirelire de 1,5 milliard d’euros : l'équivalent de ce que, des années durant, les consommateurs ont payé en trop.
Les prix augmentent de 12,6 %
Le libre marché ne fait pas baisser les prix pour les consommateurs, au contraire, affirme Cap Gemini dans son rapport. Dans leur quête de superprofits, les géants de l’énergie ne cessent de faire grimper les prix pour les consommateurs. En 2006, la facture d’électricité en Europe a augmenté en moyenne de 12,6 % en un an. En Grande-Bretagne, le pays où la libéralisation du marché de l’énergie a été appliquée en premier lieu, en 1996, cette facture a augmenté de 20 % en un an (2006).
Le journal De Standaard a également lu le rapport et conclut : « La comparaison des factures d’électricité d’une famille à consommation moyenne n’est plus une réclame pour la libéralisation du marché de l’énergie telle qu’elle a été appliquée par l’Europe. Si l’on compare tous les pays où cette libéralisation du marché de l’énergie a au moins trois ans, il apparaît que, dans ces mêmes pays, la facture d’énergie d’une famille est plus élevée que la moyenne européenne. »
Une grande exception, ici, la France, où les prix sont restés stables, déclare le rapport d’étude, « grâce à la réglementation sur les prix qui y est toujours en vigueur ». La France est en effet le seul pays ouest-européen qui échappe aux hausses de prix grâce aux prix maximaux du gaz et de l’électricité tels qu’imposés par le gouvernement et ce, contre la volonté de la Commission européenne. Le système des prix maximaux y restera d’application jusqu’en 2010 au moins.
Les profits des principales entreprises de l’énergie (en milliards d’euros)
E.ON
| Allemagne
| 51,4
|
RWE
| Allemagne
| 18,8
|
Gaz de France (GDF)
| France
| 13,2
|
Suez-Electrabel
| France/Belgique
| 12,2
|
Électricité de France (EDF) | France | 9,9 |
Enel
| Italie
| 8,4
|
Vattenfall
| Suède
| 6,3
|
Gasunie
| Pays-Bas
| 5,4
|
Nuon
| Pays-Bas
| 5,1
|
Fortum
| Finlande
| 3,8
|
Distrigas
| Belgique
| 1,9
|
Fluxys
| Belgique
| 1,5
|
| Hebdomadaire du Parti de Travail de Belgique | bd M. Lemonnier 171, 1000 Bruxelles | 37e annee n°48 [1683) du 19 décembre 2007 Découvrez cette nouvelle formule et prenez un abonnement à l'essai |
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