Samedi 27 décembre 2008, 11h30 du matin. J'étais chez moi avec mon petit frère et ma petite soeur qui se préparaient pour l’école. Je ne peux pas oublier ces bruits de bombardement. Cela fait 2 ans que je n'ai pas entendu ces bruits, ça fait peur, c'est horrible. Mon frère et ma soeur ont commencé à pleurer surtout quand nous avons vu la fumée des sites bombardés très près de chez nous et plein d'hélicoptères et de F16 dans le ciel.
Maman était au marché, papa était chez ma grand-mère malade, et mes autres frères étaient chacun à leur travail ou à l’université. J'ai essayé d'appeler ma mère, mon père,et mes frères, mais il n'y avait pas de réseau. C'est terrible de vivre ces moments surtout sans électricité pour savoir ce qui se passe autour de nous. Toute ma famille s'est regroupée dans la maison, on était tous inquiets.
Les oiseaux se sont fuis, c'est triste, même notre chat a peur.
Mon cousin qui a 12 ans était au collège juste à côté d'un site bombardé. Il a vu, comme tous ses amis, le sang des tués et des blessés. Dès qu'il entend les bruits des avions, il se cache en pleurant et en criant.
En écrivant ce mail, le ciel est plein de F16 et d'hélicoptères.
Dimanche 28 décembre 2008. Il est 19h et déjà plus de 300 morts et les bombardements continuent. Qu'est ce que vous attendez ?
Une Palestinienne qui a eu l'espoir de voir la fin du blocus de Gaza, mais qui s'est réveillée en voyant ces jours plein de sang.
Lundi 29 décembre 2008. Il est 22h30 maintenant à Gaza, il pleut depuis une heure, beaucoup de gens pensent que la situation sera plus calme mais, malheureusement ce n'est pas vrai. Les avions de reconnaissance ne quittent pas notre ciel et la marine israélienne continue de nous bombarder. À Beit Lahia, quatre enfants de 4 à 12 ans qui jouaient dans la rue ont été réduits en morceaux devant leur père.
Je vous écris en entendant les bombardements autour de chez moi ! A 20h00, j'ai appelé ma soeur, qui habite au 6e étage dans un bâtiment à Beit Lahia, pour avoir de ses nouvelles surtout lorsque l’on a appris qu'une mosquée et une maison près de chez elle ont été bombardées . Ma nièce qui a 4 ans demandait de venir chez nous. On ne savait pas quoi dire et quoi faire car la situation dans notre quartier n’est pas meilleure.
C'est l'hiver maintenant, il fait très froid et on n'a pas de chauffage ou d'électricité pour chauffer les maisons.
Malgré ça, on est obligé de laisser toutes les fenêtres ouvertes pour qu'elles n’explosent pas sous le souffle des bombes.
Israël prétend bombarder des sites militaires alors que nous n’avons pas d’armée. Tous les sites « militaires » sont des sites de la police responsable de la sécurité à Gaza.
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