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19 mai 2008 20:54 | Il y a : 4  an(s)
| Thème: Syndical, Éditorial, Chemins de fer

Pourquoi les cheminots roulent pour nous

Deux cents kilomètres de bouchons : la description était quasiment apocalyptique à la veille de la grève générale de ce mardi à la SNCB. Cette situation de paralysie annoncée démontre, par la négative, l’importance cruciale de chemins de fer publics pour la mobilité.


Cette situation de paralysie annoncée démontre, par la négative, la nécessité pour l’État d’investir dans la mobilité pour ne pas étouffer le pays par des embouteillages toujours plus importants. (Photo Solidaire, Salim Hellalet)

Et la nécessité pour l’Etat d’y investir pour ne pas bloquer et étouffer le pays par des embouteillages toujours plus importants, année après année.

Car les cheminots roulent pour nous. Pour nous les navetteurs, pour nous amener au boulot, loin des files de voiture. Ou pour nous les touristes d’un jour.

Et les cheminots doivent pouvoir le faire dans de bonnes conditions de sécurité et de repos. Et pas fatigués par des horaires de plus en plus flexibles. Imaginez : on veut demander demain à certains conducteurs de travailler 11 heures d’affilée !

Rien que pour ça, leur grève mérite notre soutien.

Mais, avec leur grève, les cheminots roulent aussi avec nous. Car ils font grève pour le pouvoir d’achat. Comme d’autres l’ont fait dans le privé au début de l’année. Comme beaucoup le feront lors de la semaine d’action syndicale interprofessionnelle du 9 au 13 juin.

N’ont-ils pas raison de dire que 10 à 12 euros net par mois en plus, comme leur propose la direction de la SNCB, ce sont que des miettes face à la flambée des prix ? N’ont-ils pas raison de réclamer de véritables hausses de salaires ? Ont-ils tort de dénoncer leur PDG Descheemaecker qui s’offre une augmentation de 30 000 euros (provisoirement suspendue avant la grève), cent fois supérieure à celle qu’il veut accorder à ses employés?

Et que dire de la revendication d’aménager les fins de carrière? N’est-il pas aberrant que des poseurs de voie ayant dépassé largement la cinquantaine ne puissent pas être remplacés par des jeunes chômeurs qui ne demandent qu’à travailler ?

Oui, les cheminots roulent pour nous et leur grève, d’Ostende à Arlon, en front commun syndical, démontre aussi que les vraies priorités de la population sont tout autres que communautaires.

Or la seule réponse du monde patronal et gouvernemental face à ces revendications légitimes a été de réclamer la limitation du droit de grève. Les libéraux veulent monter cheminots contre usagers en parlant d’un service minimum (impossible à réaliser en pratique sauf à réquisitionner de force la plupart des cheminots grévistes et à imposer un service maximum). D’autres veulent tellement encadrer le droit de grève par des dizaines de procédures réglementées que cette action sociale serait quasiment impraticable.

Or la défense des acquis sociaux et des salaires est impossible sans la garantie du droit de se défendre par l’action collective sociale. Un droit d’autant plus indispensable à l’heure où, dans tous les secteurs, le patronat s’en prend aux conditions de travail. Là aussi, en faisant grève ce mardi, les cheminots roulent aussi pour nous. Car si le droit est atteint demain à la SNCB, il le sera après-demain ailleurs.

 

 


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jacques, 22-05-08 07:40:
les cheminots ont raison et l\'augmentation de leur patron est immorale
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