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23 octobre 2007 09:50 | Il y a : 2  an(s) |

Orange bleue : service maxi pour les fortunés, mini pour les autres ?

C’est par petites tranches (d’accords partiels) que ceux qui cultivent l’orange bleue (les Reynders, Leterme, Somers et autres Milquet) nous font découvrir chaque jour le goût de ce fruit improbable.

 

Le service minimum est un danger pour le droit de grève dans les transport. (Photo Solidaire, Salim Hellalet)

Editorial • Solidaire n° 39 du 24 octobre 2007

Prenons l’accord sur les entreprises publiques et la fonction publique. Une partie des 12 500 fonctionnaires qui partiront à la retraite dans les 5 prochaines années ne serait pas remplacée.

Les parts restantes de l’Etat dans Belgacom mais surtout à la Poste seront demain abandonnées au privé dans le cadre de fusions internationales, annoncent les négociateurs. Qui dit fusions et privatisations, doit dire licenciements et baisse du service offert aux gens. Comme l’ont démontré ceux qui ont suivi cette voie à l’étranger.

Pire, dans ses cartons, Leterme prépare pour les prochains jours un accord sur le travail: limitation du préavis en cas de licenciement, généralisation de l’intérim, salaire dépendant des bénéfices…

Pour le social, des négociateurs annoncent déjà que le déficit annoncé du budget de 3,6 milliards d’euros pour 2008 ne donnera aucune marge. Les allocations des pensionnés, invalides, handicapés devront encore attendre longtemps avant d’être augmenté.

Par contre, dans son accord sur la défense, le gouvernement promet clairement des investissements lourds dans une armée offensive, capable d’intervenir davantage à l’étranger. Le budget de la défense devrait ainsi augmenter, comme l’exige le nouveau traité de l’Union européenne.

Des engagements fermes ont été aussi pris pour une nouvelle réforme fiscale (qui favorise surtout les plus riches). Et de nouvelles baisses d’impôts sur les bénéfices sont au programme.

Moins de services au public, pour le social, mais plus pour les fortunés et la guerre. Voilà le goût amer de l’orange bleue.

Mais ceux de l’orange bleue savent que ces mesures néo-libérales inspirées par l’Union européennes quand elles seront concrétisées feront mal. Et amèneront de la résistance. Comme au Portugal où 200 000 personnes ont manifesté jeudi dernier. Comme on le voit en France contre la réforme des pensions de Sarkozy. Comme on le verra le 24 novembre aux Pays-Bas contre le projet de préavis-express.

Aussi, comme Sarkozy et d’autres en Europe, l’orange bleue veut imposer des restrictions graves au droit de grève. En commençant par certains secteurs.

Ainsi, l’orange bleue veut imposer aux syndicats un service minimum dans les transports terrestres (train, tram, bus), aériens, maritimes, dans les prisons, les soins de santé, l’énergie. Non, pas pour protéger les usagers mais pour essayer de faire passer sa politique en affaiblissant l’opposition sociale.

Aussi les cheminots de la SNCB qui débraieront une heure vendredi contre ce projet de service minimum méritent soutien et solidarité. Car leur action concerne tout le monde du travail.

David Pestieau - Rédacteur en chef
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