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16 mars 2010 17:09 | Il y a : 2  an(s)
| Thème: Opel, Anvers, En direct des entreprises

Opel :: Une chaîne humaine attire 1 500 participants

Action réussie samedi après-midi, au Steen d’Anvers. Quelque 1 500 personnes ont formé une chaîne humaine en soutien à Opel. Moins que les 2 600 attendues, mais qu’importe. La solidarité n’est pas brisée.

Nick Dobbelaer

Mille cinq cents syndicalistes, militants, travailleurs d’Opel Anvers et d’autres entreprises, mais aussi de simples Anversois, avaient rallié le Steen à Anvers. Personne n’abandonnent Opel. Les travailleurs unissent leurs forces dans la lutte pour l’emploi. (Photo Solidaire, Roland Teirlinck)

L’ambiance était excellente, ce samedi après-midi, au bord de l’Escaut. Mille cinq cents syndicalistes, militants, travailleurs d’Opel Anvers et d’autres entreprises, mais aussi de simples Anversois, chaudement vêtus ont rallié le Steen à Anvers. Ils  y ont formé une chaîne humaine, organisée à l’initiative de L’Été d’Opel, en soutien aux travailleurs d’Opel. L’objectif: rassembler 2 600 personnes, soit autant qu’il y a de travailleurs à Opel Anvers. Il en manquait un bon millier mais Erik De Bruyn, de l’Été d’Opel, n’était pourtant pas mécontent de l’affluence. « Oui, on veut toujours plus, bien sûr », dit-il. « La mobilisation a dû se faire très vite mais je pense qu’avec ce nombre nous sommes quand même arrivés à ce que vous voulions. Nous avons suscité un grand intérêt médiatique. Nous pouvons donc parler d’une action réussie. »

Rudy De Leeuw, président de la FGTB, était lui aussi l’un des chaînons de la chaîne humaine. « Avec cette chaîne, nous voulons donner un signal clair à nos camarades, aux militants et aux travailleurs d’Opel Anvers, à savoir qu’ils ne sont pas seuls. On essaie de briser la solidarité, mais ce n’est rien de plus qu’un rideau de fumée. Ils essaient de dresser les gens les uns contre les autres mais, dommage pour monsieur Reilly, ça ne marche pas. »

Rudi Kennes, délégué principal FGTB à Opel Anvers : « Garder 400 ou 500 personnes au travail, nous considérons cela comme des soins palliatifs. Nous avions lancé une proposition et nous attendons maintenant la réponse. » (Photo Solidaire, Gaston Van Dyck)

Une arme

Rudi Kennes, délégué principal de la FGTB, insiste: « Le front syndical européen reste intact, au contraire de ce que prétendent certains médias. En Angleterre, on n’a absolument conclu aucun accord avec le syndicat. Le syndicat y a été complètement laissé sur la touche. En Espagne, c’est encore plus clair, un accord est sorti tout simplement plus tard, mais il avait été conclu en fait longtemps à l’avance, et cela tombe dans les conventions des syndicats européens, donc, en ce qui le concerne, pas un seul homme ne s’en ira. L’espoir n’a pas disparu. Cette semaine, GM a fait une proposition qui, à nos yeux, est largement insuffisante: garder entre 400 et 500 personnes au travail, nous considérons cela comme des soins palliatifs. Nous avons lancé une contre-proposition et nous attendons maintenant la réponse. »

Invité surprenant, Georges Seclef, secrétaire du BBTK-Commerce d'Anvers et qui, ces derniers temps, ne sait où donner de la tête avec Carrefour. « Les magasins fermés à Anvers emploient bon nombre de femmes dont les maris travaillent à Opel », dit-il. « Cela veut dire que, pour eux, le drame est encore plus grand. À Anvers, il y a plusieurs familles où l’emploi de l’homme comme celui de la femme sont menacés. C’est pourquoi je dis : nous n’avons qu’une arme et c’est la solidarité. Nous allons devoir aborder le combat ensemble en tant que personnel et syndicalistes d’Opel et de Carrefour afin de veiller à ce que les gens puissent garder leur emploi. C’est la raison pour laquelle je suis ici aujourd’hui. »

« C’est la lutte finale »

« La population laborieuse doit réagir collectivement », déclare Wouter Van Damme, du PTB Anvers. « Il est important que les gens de toutes les entreprises où l’on restructure, comme Carrefour et Janssen Pharmaceutica, tirent sur la même corde. L’action d’aujourd’hui est un début. Les patrons profitent de la crise pour appliquer restructuration sur restructuration. Sur ce plan, Anvers est l’une des régions les plus touchées d’Europe. Il est important que les travailleurs unissent leurs forces dans la lutte pour l’emploi. Les initiatives allant en ce sens méritent donc tout notre soutien. »

L’ambiance était au rendez-vous et les chanson de lutte comme « Bandiera Rossa » aussi. Aux personnes présentes, de chauds bonnets rouges ont été proposés au profit de L’Été d’Opel. Et, quand la chaîne humaine s’est dissoute, c’est spontanément que des centaines de voix se sont mises à chanter L’Internationale. Un samedi après-midi, au Steen d’Anvers, ça réchauffait le cœur.


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