Lydie Neufcourt, membre du Bureau de parti du PTB: « Il y a dix ans, la Marche mondiale des femmes avait déjà démarré à Bruxelles : à l’époque, elles étaient 20.000. La Marche mondiale des femmes est une action de protestation à l’échelle mondiale. Au niveau belge 150 organisations de femmes contre les discriminations, la pauvreté et la violence se sont mobilisées. »
Lydie était déjà active dans le mouvement pour le droit à l'interruption volontaire de grossesse depuis qu’elle à 18 ans. « A l’époque, l’avortement était interdit. J’aidais les femmes dans le besoin en les envoyant en Grande-Bretagne ou aux Pays-Bas. Parfois aussi à Namur chez le Docteur Peers. Je tenais aussi des conférences jusque dans les plus petites salles paroissiales, sur l’utilisation des préservatifs. »
Les droits des femmes tiennent toujours à cœur Lydie Neufcourt. Elle explique qu’en Belgique, le PTB mobilise aussi pour cette marche : « Car cette marche met à l’agenda les problèmes des femmes en Belgique, et au niveau mondiale. Nous voulons consacrer plus d’attention à la problématique des femmes. C’est pourquoi nous marcherons avec une délégation, en compagnie de notre organisation des femmes, Marianne. »
L’un des problèmes mis en avant par la Marche, c’est celui de l’indépendance financière de la femme. Lydie Neufcourt : « Sans indépendance financière, l’égalité est un concept creux. Une grande partie des femmes, surtout celles qui sont très peu qualifiées, ont les pires problèmes pour s’en sortir. Savez-vous que les femmes gagnent toujours 24% en moins que les hommes ? »
La Marche défend également de meilleurs services publics, elle s’oppose aux privatisations des dix dernières années, à la violence contre les femmes et soutient la paix. « Beaucoup de gens sous-estiment encore la violence contre les femmes notamment parcequ’elle se passe souvent à la maison. Par ailleurs, dans les zones en guerre, les femmes sont toujours les premières victimes, car ce sont elles qui s’occupent de la famille, de l’éducation des enfants et, elles sont souvent victimes de violences physiques et de viols. »
« Un travail décent pour les femmes est mon cheval de bataille. » précise Lydie Neufcourt, « On prévoit 100 000 nouveaux chômeurs cette année alors qu’il y a d’énormes besoins. Pensez à l’accueil des enfants, où il y a trop peu de place. Nous apportons aussi notre plein soutien au non-marchand, un secteur dans lequel travaillent de nombreuses femmes. Les syndicats dénoncent des conditions de travail pénibles, tant physiquement que mentalement, dans les maisons de repos, les hôpitaux et les soins aux handicapés. Les soins infirmiers, par exemple, sont un secteur en pénurie mais pour y remédier, le gouvernement devra y consacrer davantage de moyens, afin d’augmenter les salaires et embaucher plus de personnel. La recette de la taxe des millionnaires, pour laquelle le PTB fait campagne, devrait servir à cela. »
Une autre question qui préoccupe particulièrement le PTB est celle des pensions. Lydie Neufcourt : « En Belgique, les pensions des femmes sont particulièrement basses, en moyenne 830 euros par mois. Qui peut vivre avec cela ? Les femmes restent souvent à la maison pour élever les enfants ou pour soigner les grands parents malades. Il y a beaucoup de travail à temps partiel obligatoire comme dans le nettoyage ou dans les grands magasins : 40 % de toutes les femmes travaillent d’ailleurs à temps partiel. Ce qui fait que 30,9 % des femmes de plus de 65 ans vivent sous le seuil de pauvreté. Les pensions légales doivent augmenter. Et de plus en plus de femmes sont exclues de l’aide aux chômeurs. Maintenant qu’il y a peu de travail et que la crise sévit gravement, le gouvernement a accéléré la traque aux chômeurs. Bien des femmes en sont victimes. 10 % des femmes vivent aujourd’hui seules avec des enfants et beaucoup ont du mal à joindre les deux bouts. »
Départ de la Marche mondiale des femmes, samedi 6 mars 2010 à 12h30 à la Bourse de Bruxelles. La Marche sera précédée d’action et d’évènements dans tous le pays.
et participerai à la marche
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