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8 février 2010 18:55 | Il y a : 37  jour(s) |

Activation des chômeurs :: Accompagner ou sanctionner?

« Accompagner les chômeurs dans leur recherche d’emploi », dit la ministre. « Sanctionner pour ne pas avoir trouvé du boulot qui n’existe plus », répondent ses opposants. Le plan d’activation des chômeurs est en débat, les syndicats veulent sa suspension.

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Lundi 25 janvier, plus de cent militants de la FGTB et divers progressistes de la région du Centre ont manifesté devant l’ONEM de La Louvière pour exiger l’arrêt de la chasse aux chomeurs. Et les liègeois ont fait de même devant les sièges du CDH, PS, MR et d’Ecolo ce lundi 8 février. (Photo Solidaire, Michel Mommerency)

Le chômage va atteindre cette année son taux historique par rapport à 1970 avec 750 000 chômeurs, soit près de 15 %. Dans cette période de crise, qui jette des milliers de gens à la rue et où les offres d’emploi se font rares, les syndicats plaident pour un moratoire sur la chasse aux chômeurs.

Eddy Van Lancker, secrétaire fédéral de la FGTB, a récemment déclaré : « Ceux qui ont le plus difficile à trouver un travail, sont sanctionnés le plus durement. Dans les faits, ce sont les victimes de la crise qui sont contrôlées à la loupe, alors que les banques ont été sauvées indépendamment des erreurs, des fautes et des crimes financiers qu’elles ont commis. » Les organismes régionaux (VDAB, Actiris, Forem) sont sensés accompagner les chômeurs. Mais ce sont eux aussi qui doivent transmettre à l’ONEM, dans le cadre de la politique d’activation, des propositions de sanctions.

Milquet veut accompagner… vers la sanction

La ministre CDH de l'Emploi, Milquet refuse de suspendre le contrôle des chômeurs : « Je ne veux pas en entendre parler. Au contraire, il faut amplifier le plan d'accompagnement... L'objectif n'est absolument pas d'exclure des gens ne trouvant pas de travail »1. Sur quelle planète alors, plus de 40 000 chômeurs, ont-ils été sanctionnés ou exclus ? La ministre et les libéraux, soutenus par la fédération patronale, affirment que le plan d’accompagnement vise à aider les sans-emplois à trouver du boulot et à se former. Et que la sanction n’est appliquée qu’à ceux qui ne sont pas de bonne volonté. Or, la réalité sur le terrain est toute autre : la menace de la sanction est agitée pour faire accepter n’importe quel boulot, même s’il est précaire, à temps partiel et loin du domicile.

Côté sanction, la machine tourne a plein régime. En 5 ans, 30 539 chômeurs ont été sanctionnés, 11 275 exclus. Et cette politique se durcit chaque année, sans tenir compte des effets de la crise. En 2008, 4 523 chômeurs ont été exclus. Pendant les 6 premiers mois de 2009, déjà 3 147 chômeurs ont été exclus et 3 928 autres l’ont été pour 4 mois.

Côté accompagnement, la machine tourne au ralenti. Il n’est pas adapté aux personnes qui ont le plus de difficultés par rapport au marché de l’emploi, ne tient pas compte de la charge de famille pesant sur certaines femmes et les difficultés qui en découlent. On les oriente vers des statuts précaires (intérim, titres services). L’offre de formation pour les sans emplois ne suit pas.

Les syndicats demandent un moratoire

Plus de 35 communes ont déjà signé la motion de la FGTB nationale demandant un moratoire, voire la suppression de ce contrôle absurde des chômeurs en ces temps de crise. Dans ces communes, le MR a toujours voté contre, le CDH souvent et plus suprenant le PS a parfois, comme à La Louvière. Ecolo et le PTB ont voté pour cette motion.

Aussi sous la pression syndicale, un espoir est né quand le président du PS Di Rupo a déclaré dans une interview qu’il faut « porter un regard différent sur tous les gens privés d'emploi et sans perspective dans l'immédiat. C'est absurde de priver les gens d'allocation de chômage, de réduire leurs revenus. Je demande le réexamen de la situation, rapidement, par le gouvernement. »

Mais la semaine dernière, il précisait ses propos : Di Rupo n’est pas favorable à un moratoire sur le contrôle et les sanctions des chômeurs, au profit d’une « discussion franche sur les faiblesses du plan d’accompagnement », a-t-il dit. Le PS l’écrit : « Les sanctions administratives et les sanctions pour refus d’emploi convenable doivent par ailleurs être maintenues. »2

Le PS veut seulement revoir ce qu’il appelle certains excès : « Il faut veiller à ce que la réglementation – qui prévoit de tenir compte de la situation du marché de l’emploi local – soit bien appliquée. » On voit mal comment mieux appliquer un système, dont la philsophie est celle de la sanction, sans sanction. C’est le plan d’accompagnement qui doit être supprimé.

Il est nécessaire que le Forem, Actiris ou le VDAB servent réellement à aider les chômeurs, à les former et plutôt qu’à pratiquer une politique de délation auprès de l'ONEM. En Wallonie, les élus Ecolo et PS qui veulent mettre en cause la politique d’activation devront demander de faire pression sur le Forem dont l’action a fait qu’il y a aujourd’hui trois fois plus d’exclus en Wallonie qu’en Flandre. Autrement dit, en Wallonie (2 011 exclus pour les 6 premiers mois de 2009), on a été beaucoup plus sévère encore qu’en Flandre (760 exclus, 376 à Bruxelles). Contrairement à un bobard véhiculé par les nationalistes flamands.

1. La Dernière heure, 11 janvier 2010. 2. Communiqué du PS, 5 février 2010.

Témoignage

Un lundi matin, tous les demandeurs d’emploi de ma commune sont convoqués dans les bureaux d’Actiris. J’arrive, la salle d’attente est pleine.

Je suis inscrite chez Actiris depuis quelques semaines. Je viens de finir mes études et cherche un emploi. C’est la première fois que je me retrouve chez Actiris. Pour l’instant, je ne touche pas encore l’assurance-chômage et suis en stage d’attente pour 7 mois.

Un homme nous appelle, la séance d’info commence. « Bonjour, bienvenue à cette séance d’information d’Actiris, le centre régional d’accompagnement des chômeurs. » Je me dis : « Impeccable, j’ai plein de questions sur les formations que je peux suivre, sur mon niveau en langues, sur des tuyaux pour trouver un chouette job. » Et il continue : « Je vais présenter brièvement Actiris. Il y a un certain nombre de service que nous offrons (salles avec ordinateurs pour recherche d’emploi, conseils en formation) mais je ne vais pas m’attarder sur cela. Je vais vous parler de l’Onem, et de ses relations avec Actiris. »

Et pendant la demi-heure qui a suivi, il nous a présenté nos devoirs, comme par exemple, garder toutes nos preuves de recherche d’emploi : CV envoyés, mails, lettre d’employeurs, mails d’employeurs, toutes autres démarches. Il nous a parlé des sanctions : à partir de quand on reçoit une convocation, le « signalement positif ou négatif » qu’on y reçoit, la deuxième convocation, le contrat à signer avec les « devoirs » du chômeurs à accomplir, le risque de sanction, la sanction,… Bref, il conclut : « J’espère que ça ne vous arrivera pas ;)… Bonne chance ! ».

Effectivement, c’est de la chance qu’il me faudra. Pour traverser ce parcours de combattant. A la moindre erreur dans ma recherche d’emploi, alors que je fais ça pour la première fois, je serai « convoquée ».  Alors que moi, j’avais une série de questions et j’attendais quelques tuyaux pour trouver le job qui me plaît…

Juliette, Bruxelles



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Emmanuelle, 24-02-10 23:17:
Je suis en troisième année de Baccalauréat en secrétariat de direction en cours du soir.
Fille mère, mon fils a sept ans et demi et je viens d'être exclue pour 18 semaines.
Dans le cadre de mes cours, je devais faire un stage de trois semaines temps plein et j'avais trouvé à le faire dans une agence intérim donc j'ai demandé une dispense afin de réaliser ce stage qui était obligatoire pour obtenir mon diplôme en fin d'année.
Dispense que j'ai obtenue sans problème.
Entretemps et ayant commencé mon stage, le Forem me convoque pour un Screening en secrétariat de base, comme j'étais en stage et sous la dispense de l'Onem je leur ai envoyé un fax avec copie de la dispense en leur expliquant que je ne pouvais pas m'y présenter.
Quelques temps après je reçoit par recommandé une convocation pour le 28 décembre 8H15 à Charleroi de nouveau pour le Screening,prise par les examens que j'allais avoir début janvier, mon fils malade, le temps exécrable et neigeux que nous avons eu, dans mon petit village du bout du monde, j'ai complètement oublié de m'y rendre...
Début Janvier, le 11, j'ai la surprise de recevoir par simple courrier une lettre du Forem m'indiquant qu'ils m'ont rayé de la liste des demandeurs d'emploi pour ne pas avoir donné suite à leurs convocations.
Je fonce me réinscrire sur les conseils de la CSC et celà fait je vais apporter les papiers à mon organisme de payement.
Je reçois par recommandé une convocation de l'Onem, service contentieux, dans laquelle ils me demandent de me présenter en leurs locaux pour me justifier de mon absence aux convocations du Forem. Fin janvier, je viens de terminer 6 mois de travail ALE (180 heures)afin d'avoir une dispense de 6 mois de recherche active d'emploi ce qui devrait me permettre de terminer mes études tranquillement. Le temps est venu de me présenter à la convocation de l'Onem, j'y suis recue par un monsieur qui ne veut rien entendre de mes preuves comme quoi j'ai bien envoyé un fax, preuve sous ses yeux dont il a recu une copie de ma part ce jour là, étant en possession de l'original. À l'issue de cette convocation, je suis exclue du chômage pour une durée de 18 semaines et ce à partir du 5 janvier! Donc je n'obtient plus mes 180 heures endéans les 6 mois de travail ALE, et ne peux obtenir ma dispense qui m'aurait permis d'étudier tranquillement. Je ne peux plus travailler en ALE durant cette exclusion. Je dois étudier pour mes cours, préparer un travail de fin d'études ainsi que des devoirs avec un moral de plomb, ma santé s'en ressent et je passe un examen pour confirmer une maladie orpheline invalidante le mois prochain. Pour mon petit garcon je m'efforce de sourire mais à presque 8 ans il comprends bien ce qui se passe mais je suis une maman de presque 28 ans qui se bat toute seule, sans allocations de chômage, sans pension alimentaire puisque je suis fille mère, avec les allocations familiales du petit qui vont être réduites à cause que je ne serai plus chômeuse de longue durée. Demain j'irai voir au CPAS s'ils veulent bien m'aider financièrement.
Mais je ne lacherai pas mes études ces derniers mois sont importants, je comprends qu'il y ait beaucoup de chômeurs et que peut-être certaines personnes ne se bougent pas beaucoup. Je trouves que dans mon cas, si je vais à l'école pour obtenir un diplôme, c'est quand même prouver ma volonté à vouloir sortir du chômage. Ca prouve quand même un certain courage de ma part, puisque je ne reste pas sans rien faire. Mes cours se déroulent du lundi au jeudi de 17h à 20h30 et jusque 21h le mercredi; pour l'Onem ca ne compte pas.
alba, 12-02-10 16:34:
Je confirme la délation du forem à l'onem. C'est un service qui devrait aider les TSE, mais pas du tout. Au contraire il sont même méchant dans leur façon de s'adresser au personnes. uand je travailler pour la FGTB de nivelles, je suis allé personnellement leur rappeler que leur travail était d'apporter de l'aide au gens . Et j'en passe. Je suis pour mettre un frein au niveau des sanctions et démarrer réellement l'aide à la formation et motivation de chacun. Solidarité. Ensemble on est plus fort

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