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L'opposition politique en Tunisie

Prenant en compte le fait que les élections en Tunisie se déroulaient selon des résultats décidés au ministère de l'intérieur, sans aucune transparence, ce qui rend très difficile de mesure l'implantation réelle des courants politiques.

Partis agréés par le pouvoir de Ben Ali, représentés au Parlement

  • Le Mouvement des démocrates socialistes (MDS) : Après avoir été une vraie force d’opposition, le MDS a été récupéré par le régime. Il fait partie de l’opposition de "décor", qui a permis au président Ben Ali, tout au long de ces 23 dernières années, de faire valoir à l’Occident que la Tunisie vivait sous le multipartisme.
  • Le Mouvement Ettajdid (« ex-communiste ») : Il a évolué au fil des années, renonçant à son nom et à son identité communiste après la disparition de l'URSS au nom de « la modernité », prônée à sa façon aussi par Ben Ali qui a d'abord réprimé en son nom les communistes puis les islamistes. Ettajdid a fini depuis quelques années par faire partie de « l’opposition » légèrement plus critique envers le président Ben Ali. En représailles, le régime ne lui a accordé qu’une poignée de sièges au Parlement. Il devrait faire partie du nouveau gouvernement. Parti se définissant comme moderniste, laïc et socialiste ...En fait social-libéral et anti-islamique.
  • L’Union démocratique unioniste : qui fait également partie de l'opposition d’opérette. Il dispose d’une dizaine de sièges à la Chambre des députés.
  • Le Parti de l’unité populaire : c'est le même cas de figure. Il ne représente rien, mais en récompense de ses loyaux services, il a quelques députés.

Partis agréés par le pouvoir, mais non représentés au Parlement

(dont le rôle était de démontrer le pluralisme existant en Tunisie mais qui étaient jugés encore pas assez soumis pour recevoir des sièges au parlement)

  • Le Parti démocratique progressiste (PDP) :  actuellement dirigé par une femme, Maya Jribi. Le PDP a été fondé par Néjib Chebbi, figure historique de la "vraie" opposition. Cet avocat devrait entrer dans le nouveau gouvernement. Son parti a été agréé, mais a toujours été empêché d’avoir des députés à la Chambre des représentants.
  • Le Forum démocratique pour le travail et les libertés (FDTL) : du docteur Mustapha Ben Jaafar, autre personnalité venue de la véritable opposition, est dans le même cas de figure. Ce parti a réussi à se faire agréer après treize années d’attente mais n’a jamais pu, lui non plus, avoir de députés. Ben Jaafar devrait entrer lui aussi au gouvernement.

Autres partis de la "vraie" opposition, donc non agréés par le régime Ben Ali 

  • Le Parti communiste des ouvriers de Tunisie (PCOT) : dirigé par Hamma Hammami et plusieurs fois arrêtés et dont la mise en résidence surveillée après sa libération vient d'être levée. Il est l'époux de Radhia Nasraoui, célèbre avocate et militante des droits de l’homme et de la lutte contre la torture. Il n'est pas prévu de le consulter pour former le nouveau gouvernement. Durement réprimé mais a gardé des militants.
  • Le Parti du Travail patriotique et démocratique (PTPD) : autre parti communiste qui fait partie d'un front appelé « Alliance pour la Citoyenneté et l'Égalité » comprenant notamment le Forum démocratique pour le Travail et la Liberté et le Mouvement pour le Renouveau (Ettajdid)
  • Le Congrès pour la République : de Moncef Marzouki, médecin exilé en France depuis dix ans, et prévoyant de rentrer en Tunisie mardi 18 janvier. Démocrate modéré, attaché aux droits de l'homme.  Favorable à un dialogue avec toutes les forces d'opposition sortant de l'illégalité sans exclusive, bien que rejetant à la fois les idéologies communiste et islamiste.
  • Ennadha (Renaissance) : le parti islamiste de Rached Ghannouchi, exilé à Londres depuis 1989. Il devrait rentrer au pays très rapidement. Persécutés par Ben Ali, ses partisans sont encore assez nombreux, bien qu'il soit impossible de les recenser pour le moment. Favorable à une démocratie islamique basée sur le système de la choura (consultation populaire) et l'opposition à l'économie usuraire.