Plan du site | Newsletter | Aide | RSS |
Loading
10 novembre 2009 16:25 | Il y a : 3  an(s)
| Thème: Histoire, Pologne, International

Vingt ans après la chute du mur (3) :: Les communistes polonais ne l’étaient pas assez

Malgré la misère à l’étranger, on ne dirait pas que les Polonais aujourd’hui souhaitent le retour à l’époque de la République populaire polonaise. Pour quelle raison ? ai-je demandé à Marcin.

Herwig Lerouge

« Nombre de mes amis trouvaient que c’était mieux sous la république populaire d’avant 89. Naturellement, ils ont été influencés par les campagnes anticommunistes à la TV. Ils trouvaient que c’était mieux avant mais pas à cause du socialisme. Car, pour eux, le socialisme signifie les social-démocrates qui, après la chute du Mur, on lâché le capitalisme sauvage sur la Pologne. Ils haïssent le capitalisme, mais ils haïssent surtout les socialistes, souvent d’anciens cadres communistes qui, ensuite, ont introduit le capitalisme. C’est très compliqué. Vous savez, mes parents ont dû travailler cinq ans, en Pologne, sous de bonnes conditions, avant de pouvoir acheter un flat. Ils en ont fait toute un plat. Aujourd’hui, ma sœur et son mari doivent travailler six ans à l’étranger, pour cela. Mais ils sont nombreux à ne pouvoir se permettre leur propre logement. Ils doivent travailler trente ans, pour ça, sans dépenser pour le moindre extra.

Les gens dans le temps étaient en colère contre le gouvernement non parce qu’il était socialiste, mais parce qu’il introduisait des mesures capitalistes. Ainsi, dans les années 80, le gouvernement distribuait la viande dans les magasins commerciaux au lieu de la livrer aux magasins d’État où les gens pouvaient l’acheter avec des coupons. Dans les magasins commerciaux, la viande était plus chère et elle devait rapporter. Les simples gens ne trouvaient donc plus de viande. Ils étaient mécontents et descendaient dans la rue pour le dire. »

Il y a en Pologne un véritable dégoût pour la politique. « Les gens ont été bernés trois fois. La première fois, en 89, quand on leur a promis le paradis sur terre. La seconde fois par les socialistes, qui leur ont amené le capitalisme et le chômage et, la troisième fois, par le syndicat Solidarnosc qui n’est plus qu’un tremplin pour les politicards de droite. Ils sont surtout occupés par leur survie. C’est pourquoi ils vont de moins en moins voter. Aussi, ceux qui veulent organiser la résistance ont-ils du pain sur la planche. »

La semaine prochaine : Comment les nazis sont devenus des héros 

Pour notre dernière contribution à la série Vingt ans après la chute du Mur, nous allons parler de la montée du fascisme en Europe de l’Est : comment, çà et là, les collaborateurs nazis sont honorés comme des héros.

 

 


Réagir ?

Pas de commentaire
Ajouter un commentaire

* - champ obligatoire

*





*
*