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22 novembre 2011 15:57 | Il y a : 184  jour(s)
| Thème: Belgique, Belgique, Campagne taxe des millionnaires

Une taxe qui fait PShiiiit

Le formateur abandonne l’idée d’un impôt sur la fortune pour la remplacer par une taxation des revenus mobiliers dépassant 120 000 euros. Pour le PTB, qui avait déjà dénoncé cet impôt « light », cela revient à abandonner l’idée d’une taxe sur les plus riches.

Jonathan Lefèvre

Le PS avait lancé l’idée d’une « cotisation temporaire de crise sur le grand patrimoine », qui n’allait toucher qu’une partie infime des plus riches. Et encore, de manière très limitée dans le temps. Le PTB avait directement réagi en proposant « sa » taxe : la taxe des millionnaires, non temporaire, et qui toucherait les 88 000 familles les plus riches1.

Las ! Au lieu de s’en inspirer, le leader du PS a même abandonné cette « cotisation temporaire ». Celle-ci aurait rapporté 400 millions d’euros. Selon le quotidien De Tijd, la dernière proposition de mesure « s’attaquant » aux plus riches rapporterait 150 millions. La taxe des millionnaires apporterait 50 fois plus dans les poches de l’État.

Cette décision arrive dans un climat pourtant propice à une taxation plus juste des revenus les plus hauts. Mais il faut croire que la décision de négocier avec les libéraux pousse le PS à renoncer à contenter la gauche.

Le PTB dénonce surtout que, en abandonnant une taxation des patrimoines, le formateur Di Rupo renonce de ce fait au cadastre des fortunes qu’elle implique. Et, donc, se prive du seul outil capable d’identifier les plus gros patrimoines et revenus. Sans ce cadastre, impossible de lutter efficacement de manière globale contre la grande fraude fiscale.

Et le PTB rappelle que cet abandon n’est pas une surprise. Son service d’études avait publié un document en octobre dernier, intitulé « Taxer les grosses fortunes : réalisable et très rentable » (à lire ici). On pouvait y lire ceci : « Il est clair que la mise en place de tout un dispositif fiscal pour un prélèvement temporaire représente un surcoût assez difficilement justifiable. Le formateur ne pouvant l’ignorer, on saisit que sa proposition vise à tromper soit les adversaires d’un impôt sur la fortune (en annonçant comme temporaire une mesure qui serait définitive), soit ses partisans (en insérant une proposition qu’il est prêt à sacrifier lors des négociations). »

1. www.taxedesmillionnaires.be


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