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17 août 2010 16:19 | Il y a : 2  an(s)
| Thème: En direct des entreprises, Liège, Télécom

Tecteo :: Nouveau mouvement de grogne

Certains patrons essaient de profiter des congés pour faire des coups en douce. Chez Tecteo (Voo), trois agents ont été licenciés fin juillet. Réaction de leurs collègues : trois jours de grève par semaine.

Alice Bernard

« Fin juillet, trois agents ont reçu leur C4 », explique Christine Planus, déléguée CGSP. « Avec effet immédiat, c’est-à-dire versement d’une indemnité de licenciement et non-prestation du préavis. Le personnel n’accepte pas cette façon de faire. Les trois personnes licenciées sont dans l’entreprise depuis plus ou moins 10 ans, personne ne comprend pourquoi tout d’un coup, pendant les vacances, elles « ne donnent plus satisfaction », comme dit la direction. Et d’une façon plus générale, le personnel craint que ces trois licenciements annoncent l’arrivée d’une plus grosse restructuration. Même si la direction prétend qu’elle n’a pas de plan dans ce sens, nous ne voulons pas qu’un « écrémage » aboutisse à une grosse perte d’emplois au final. »

L’assemblée générale du lundi 2 août décide de partir en grève pour trois jours. « On fera grève comme ça trois jours par semaine », prévient Jean-Marie Kaddes, délégué CSC. Avec des actions : lundi, blocage du siège central de la rue Louvrex à Liège. Mardi, occupation des locaux de Voo à Ans et mercredi rendez-vous aux Hauts-Sarts. Une première rencontre avec la direction ne donne rien. Le 9 août, les travailleurs repartent donc en grève pour trois jours. Avec cette fois-ci chaque jour une réunion de négociation avec la direction.

Test pour la rentrée

Christine Planus : « Nous demandons à la direction de s’engager à ne plus licencier d’ici 2012. Et si jamais elle veut absolument se séparer de quelqu’un, il faudra d’abord une réunion avec la personne concernée et son délégué syndical pour chercher les mesures permettant de corriger les problèmes et d’éviter un départ. N’oublions pas qu’après le long conflit de l’été dernier, la direction continue à dire qu’il y a 229 postes en trop (sur un bon millier), que nous devons être rentables à 150 %, et que de nouvelles discussions doivent avoir lieu en septembre sur les grilles barémiques et les évaluations. La direction maintient par exemple l’idée de pouvoir licencier des agents, même nommés, après deux évaluations négatives. Ces enjeux sont très importants, et nous avons voulu réagir de façon très ferme pour maintenir un certain rapport de forces avant toutes ces discussions. D’ailleurs, nous pensons que ces trois licenciements étaient probablement un coup de sonde de la direction, pour tester notre capacité de réaction. »

Le 10 août, une proposition finit par arriver sur la table : il n’y aura pas de licenciements massifs, toute personne menacée de licenciement sera accompagnée de son délégué syndical lors des entrevues avec la direction et on mettra en place une période de deux mois pour chercher à résoudre les problèmes et éviter un départ. La proposition a été acceptée par l’assemblée des travailleurs le 16 août. La grève est déclarée « suspendue » par les syndicats, très attentifs à l’évolution de la situation et le travail a repris.  



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