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18 janvier 2012 11:00 | Il y a : 127  jour(s)
| Thème: International, Etats-Unis, Démocratie

« La plus grande attaque de tous les temps » pour la liberté d’Internet

Après que le FBI ait mis hors ligne le site Megaupload et arrêté par la même occasion quelques-uns de ses collaborateurs, l’organisation de hackers Anonymous a réagi directement par « la plus grande attaque de tous les temps », contre des sites Internet du ministère de la Justice et de toutes sortes d’entreprises de divertissement.

Rédaction en ligne

Alors que le Congrès américain en est encore à se pencher sur deux propositions de loi (SOPA et PIPA, voir plus loin) – vivement contestées – visant à museler le piratage, le Bureau fédéral d’investigation américain (FBI) a sorti d’Internet le site serveur MegaUpload. Ce site est l’un des plus visités au monde (60 millions de visiteurs par jour), les usagers peuvent y placer ou en décharger de gros fichiers gratuitement (au moyen d’une rétribution minime pour un accès plus intense). En même temps, sept collaborateurs de MegaUpload ont été arrêtés un pe

L’attaque

Jeudi soir, en guise de représailles contre ces arrestations, l’organisation de hackers Anonymous a mené une vaste attaque à partir de quelques sites Internet. Selon le site d’information emerce.nl, les sites touchés ont été ceux de la Motion Picture Association of America (MPAA.org), de la Recording Industry Association of America, du ministère américain de la Justice, de la firme des disques Universal et Hadopi.fr, le site de l’organisme public français qui régule l’accès à Internet et les droits d’auteur en ligne en France.

Piratage

L’action du FBI s’inscrit dans un climat général de lutte contre la piraterie, et bien des gens mettent en garde contre le fait que la liberté et la neutralité d’Internet pourraient être en danger. 

L’industrie musicale et du cinéma ont poussé deux initiatives : SOPA (Stop online piracy act) et PIPA (Protect IP act). Ces lois visent à enrayer le téléchargement illégal en obligeant notamment des Fournisseurs d’accès à Internet (FAI, comme par exemple Verizon ou Comcast, équivalents américains de « nos » Belgacom ou Telenet) à bloquer l’accès à des sites tiers dont les offres violent les lois américaines sur le droit d'auteur.

Mais les défenseurs de la liberté du net accusent ces propositions « anti-piratage » de porter atteinte à la neutralité du web et aux libertés des Internautes. L’action la plus spectaculaire est à mettre à l’actif de Wikipedia, qui s’est mis en berne durant 24 h (uniquement la versions anglophone de l’encyclopédie online). Son fondateur, Jimmy Wales, s’est expliqué en paraphrasant Martin Luther King : « La liberté n’est jamais donnée par l’oppresseur, elle doit être exigée par l’opprimé. Et, mercredi, Wikipedia exige. » 

Lettre ouverte

Si des grosses entreprises du net comme Google et Facebook avaient aussi protesté contre ces propositions de lois jugées liberticides, aucune action n’a été menée depuis leurs lettre ouverte au Congrès américain de décembre dernier. Lettre dans laquelle les grosses boîtes numériques dénonçaient les effets négatifs pour l’innovation et la création d’emplois dans l’industrie numérique. Sous la pression de nombreuses associations (et sans doute des grandes entreprises signataires de la lettre), le président Obama s’est désolidarisé des propositions polémiques. De même que de nombreux autres politiciens américaines. La lutte pour le maintien de la neutralité du web continue, plus que jamais.    

Pour aller plus loin Une vidéo (en anglais) expliquant les enjeux : http://fightforthefuture.org/pipa

 


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