Plan du site | Newsletter | Aide | RSS |
Loading
4 juin 2010 17:05 | Il y a : 2  an(s)
| Thème: Elus, Santé, Belgique, Belgique, Elections home

Soins de santé :: La norme de croissance de 4,5% est indispensable

Service de presse

Après la publication des plans de restrictions de l’Open VLD et du CD&V, les soins de santé sont de plus en plus dans le collimateur. Le PTB+ n’est pas d’accord. La formation de gauche plaide au contraire en faveur du maintien de la norme de croissance et a des propositions pour consacrer de nouveaux moyens financiers aux soins de santé.

« Nous défendons la norme de croissance parce qu’elle est indispensable pour garantir à tous des soins de santé de qualité et accessibles. Les soins de santé doivent concorder en premier lieu avec les besoins. Et avec le vieillissement de la population, ces besoins ne cessent d’augmenter », déclare Raoul Hedebouw, porte-parole du PTB. « Car quelle est l’alternative ? Que les gens soient obligés de prendre des assurances complémentaires. C’est déjà le cas aujourd’hui pour les factures d’hospitalisation. Mais tout le monde ne peut pas se le permettre. De cette façon, on obtient des soins de santé à deux vitesses, comme aux États-Unis. Une pour les riches, une pour les pauvres. »

« Pour le PTB+, cette norme de croissance revêt une grande importance, parce que nous savons qu’en raison de la crise, bien plus de personnes encore vont être laissées pour compte », poursuit Peter Mertens. « On ne se rend pas compte non plus à quel point les soins de santé sont chers pour une très grande partie de la population et à plus forte raison pour les plus démunis. Pour de plus en plus de gens, être malade devient tout simplement hors de prix. Cette norme de croissance reste donc nécessaire. »

Une enquête réalisée par la Mutualité Chrétienne (MC) en 2008 montre qu’une famille belge sur huit a des problèmes financiers à cause des dépenses en soins de santé. Chez les malades chroniques, le rapport est d’un sur trois. Une étude de Test-Achats de 2010 confirme  ces chiffres : presque 30 % des Belges ont souvent des difficultés pour payer leurs soins de santé. Durant l’année écoulée, 8 % des familles ont arrêté un traitement en cours, 26 % ont reporté un traitement prévu. Un récent rapport de l’OCDE dit que la Belgique se situe dans le peloton de tête des pays européens où le patient doit payer le plus de sa poche pour se faire soigner. Aujourd’hui, c’est 28 %. Il y a quinze ans, on n’en était encore qu’à 20…

Ne peut-on dès lors faire des économies dans les soins de santé ? « Si, quand même », dit Raoul Hedebouw, « mais pas sur le dos du patient. Il y a du gaspillage dans les soins de santé et on peut le combattre. Sur le plan des médicaments et des prestations techniques, des très grosses économies sont possibles avec l’application du modèle kiwi, lancé dans notre pays par le Dr Dirk Van Duppen, du PTB. Concrètement, le modèle kiwi signifie qu’il faut obligatoirement appliquer  un système d’appel public d’offres aux médicaments et au matériel médical. »

« Avec la pression que Dirk Van Duppen a développée en collaboration avec les mutualités, le prix d’une centaine de médicaments a déjà considérablement baissé », déclare Peter Mertens. « Depuis le 1er avril 2010, par exemple, le prix de l’antidouleur le plus utilisé, le paracétamol, a diminué de plus de moitié grâce à l’application d’une technique émanant du modèle kiwi. Les patients à douleurs chroniques ne paient plus qu’un dixième (les assurés ordinaires) ou qu’un vingtième (intervention majorée) de l’ancien prix. Une application complète du modèle kiwi en Belgique rapporterait annuellement 1,5 milliard d’euros à l’assurance maladie et, en même temps, il représenterait aussi une énorme économie pour le patient. Pourquoi refuse-t-on de l’appliquer ? Parce qu’aucun parti n’ose écrémer les bénéfices faramineux réalisés par l’industrie pharmaceutique ! »

De même, si le modèle kiwi était appliqué au matériel médical, on pourrait épargner d’énormes sommes d’argent aussi. « Selon le Centre fédéral d’expertise des soins de santé (KCE), les prix en Belgique pour le matériel médical sont entre 25 et 44 % plus élevé que dans les pays voisins », déclare Raoul Hedebouw. « Aussi le KCE est-il un fervent partisan de l’application du modèle kiwi, par exemple, pour les appareils auditifs. Il estime que « des adjudications publiques pour des appareils auditifs présentant quelques-unes des caractéristiques techniques les plus importantes, comme cela se fait dans certains pays européens, pourraient déterminer un point de référence financière pour un appareil auditif à part entière pour lequel on ne réclamerait aucun supplément personnel au patient ». Une étude de juillet 2007 sur le matériel orthopédique recommande chaudement elle aussi l’application du modèle kiwi.

Des appels publics d’offres peuvent aussi – comme c’est déjà le cas dans les pays scandinaves – être organisés pour les prothèses du genou et de la hanche, les pacemakers et autres implants médicaux », déclare encore Raoul Hedebouw.

Pour le PTB+, il est en tout cas inacceptable que les économies sur les soins de santé soient répercutées sur les épaules du simple patient. « Une recherche récente sur la surconsommation dans les hôpitaux a montré que la chasse au profit est elle aussi profondément enracinée dans le secteur de la santé et nous y sommes opposés », conclut Raoul Hedebouw. « L’ensemble des soins de santé est de plus en plus organisé en fonction du rendement. Les hôpitaux deviennent des entreprises et tout doit fonctionner à l’image du marché. Pour nous, c’est inadmissible. »


Réagir ?

Pas de commentaire
Ajouter un commentaire

* - champ obligatoire

*





*
*