Lundi matin une assemblée des travailleurs de Durobor (entreprise qui fabrique, notamment, des verres à bière) s’était réunie pour décider des actions à mener, afin d’éviter le dépôt de bilan et négocier une reprise honorable.
Le plan du repreneur n’a, en effet, pas du tout séduit le personnel. Et pour cause : il n’intègre que 180 travailleurs sur les 380 travaillant actuellement à l’usine, avec, en outre, la perte de l’ancienneté et des acquis sociaux. Il s’agit d’un holding constitué d’un investisseur français, Sobodec et de deux hollandais, H2 et Thibaut Van Hövell.
Philippe Bertleff (secrétaire Setca) souligne la nécessité de ne pas reproduire les erreurs commises à Royal Boch à La Louvière. Là, Patrick De Maeyer avait repris l’entreprise, qu’il a de nouveau déclaré en faillite un an plus tard, sans avoir effectué un jour de production. Une opération très rentable, réalisée avec le généreux soutien financier de la Région Wallonne.
Les travailleurs de Durobor dénoncent le fait que plan actuel des repreneurs fait payer les investissements annoncés par les travailleurs qui restent (perte d’ancienneté) comme par ceux qui sortent (licenciements secs sans accord social). Les syndicats exigent que la reprise par les nouveaux investisseurs garantisse un nombre d’emplois maximal (avec la prise en compte de l’ancienneté) et la possibilité de départ en prépension pour les travailleurs d’au moins 50 ans. Une revendication d’une grande actualité, vu les attaques contre les prépensions prévues par les négociateurs. Les engagements de la Région seront connus dans les jours qui viennent.
Une délégation du PTB a rendu une visite de solidarité, qui a reçu un accueil chaleureux. Les travailleurs de Durobor, eux, seront certainement à Bruxelles le 2 décembre, pour manifester contre l’austérité.