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25 octobre 2011 16:20 | Il y a : 212  jour(s)
| Thème: Belgique, Chemins de fer, Belgique

SNCB :: Suppression de trains… et d’emplois

En 2010, la SNCB transportait 46 % de voyageurs de plus que dix ans plus tôt. Pourtant, elle va désormais pratiquer des coupes sombres dans le service et le personnel. Le PTB a trois propositions alternatives d’économies.

Tony Pirard

Ce 7 octobre, des travailleurs et des syndicalistes de la SNCB, mais aussi des associations d'usagers, se sont rassemblés devant le siège de la société de chemins de fer pour protester contre son nouveau plan d'économies drastiques. (Photo Solidaire, Martine Raeymaekers)

Le 18 octobre, le Conseil d’administration de la SNCB décidait de supprimer 193 trains, afin d’économiser les coûts en personnel dans les ateliers d’entretien et de chercher des rentrées supplémentaires pour quelque 110 millions d’euros. Bien sûr, le PTB ne peut accepter la suppression de 193 trains.

170 trains disparaîtront en décembre 2012 ; les autres, 23 trains transfrontaliers, en 2014. Quelque 2 800 personnes devront se mettre en quête d’un autre moyen de transport. Il s’agit surtout de premiers trains du matin et de derniers trains du soir, ainsi que de trains locaux, surtout utilisés par des gens travaillant en équipe.

Avec la suppression de ces 193 trains, la SNCB compte économiser quelque 13 millions d’euros d’ici 2015, estime le PDG Marc Descheemaecker. En fait, il voudrait supprimer plus de trains encore, mais le contrat de gestion avec les autorités fédérales ne le permet pas. Pour fin 2012, il veut négocier un nouveau contrat de gestion et espère supprimer ensuite, en catimini, une autre série de « trains non rentables ».

Au total, on veut appliquer environ 97 millions d’économies ou chercher de nouvelles rentrées. Voici un aperçu des éléments principaux.

Encore moins d’entretien

Dans les ateliers d’entretien de la SNCB, la productivité devrait augmenter de 4 % par an. 250 des 6 200 ETP (équivalents temps plein) devraient disparaître pour 2015. La charge de travail va s’accroître considérablement, vu qu’entreront en service 120 nouvelles locomotives et 305 nouvelles voitures. Quand on sait qu’aujourd’hui, environ 40 % des retards des trains sont imputables à des défauts du matériel roulant, on ne peut qualifier de logique le fait que tant d’emplois vont être supprimés. Économie : 36,6 millions d’euros.

Désormais, vous paierez 2,50 euros de frais de dossier quand vous achèterez des billets internationaux par le site Internet de la SNCB. Après avoir d’abord chassé les voyageurs des guichets en direction d’Internet en leur facturant 7 euros de frais de dossier et en faisant savoir en même temps qu’il n’y aurait pas de frais de dossier pour les commandes via Internet, on va finalement leur facturer 2,50 euros de frais de dossier aussi !

L’introduction d’emplois à temps partiel devrait se traduire par une économie de 6,7 millions d’euros.

La SNCB veut également tirer plus de bénéfices des TGV, Thalys, Fyra… mais on ne voit pas très clairement comment elle va s’y prendre. En supprimant des trains classiques et en augmentant les prix ? En supprimant le nettoyage des bâtiments, en réduisant les frais de bureau ou les frais des cantines du personnel ?

Dans l’administration, un pensionné sur trois ne sera pas remplacé.

On peut également économiser ailleurs

Si la SNCB veut réellement économiser, c’est parfaitement faisable sans réduire le service aux voyageurs et sans licencier du personnel, pour le PTB. Le parti a trois propositions alternatives d’économies via lesquelles on ne touchera ni aux voyageurs ni au personnel :

- Abolir la scission de la SNCB en trois parties (Holding, Infrabel, SNCB). Selon Jannie Haek (PDG du Holding), cette scission coûte annuellement entre 100 et 110 millions d’euros ! Depuis que le rail a été scindé voici cinq ans, la ponctualité des trains s’est dégradée. L’unification de l’entreprise sous forme d’une véritable entreprise publique signifierait donc le retour à un trafic ferroviaire plus efficace.

- Sabrer dans les entreprises extérieures de consultance. En 2010, le groupe SNCB y a octroyé 200 millions d’euros. Pourtant, depuis l’apparition des consultants privés, plus rien ne va sur les lieux de travail. Un exemple : cette année, la SNCB a engagé le bureau de consultance Arthur D. Little afin de déterminer les causes des retards et de trouver des solutions. Coût : 2 millions d’euros. Et ceci, pour recevoir un rapport ne présentant rien de neuf. Les causes sont connues depuis longtemps, en interne, mais on ne fait pas grand-chose pour y remédier.

- Obtenir un meilleur prix pour l’électricité. En 2010, la SNCB a payé environ 158 millions d’euros pour son électricité, surtout à Electrabel, à des tarifs bien trop élevés. En tant que cliente privilégiée, elle devrait obtenir des prix inférieurs, d’autant que, l’an dernier, la SNCB a déjà intenté un procès afin de récupérer 50 millions auprès d’Electrabel, qui lui avait facturé des droits d’émission de CO2 trop élevés.


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