
Répondre au plus vite au client, telle est l’exigence de la direction des centres d’appel. Répondre au mieux au client, telle est la volonté des travailleurs. Nuance. (Photo alanclarkdesign)
Ces dernières semaines, les mauvaises nouvelles s’abattent les unes après les autres sur le personnel de Sitel. Le siège de Geel, où travaillent 180 personnes, va fermer. A Diegem, sur les 600 employés, 200 ont reçu ces dernière semaines un « dernier » avertissement parce qu’ils ne travaillent pas « de manière suffisamment efficiente ». Et le 3 septembre, 13 personnes ont été licenciées pour faute grave.
Le 7 septembre, les syndicats chrétiens des employés (CNE pour les francophones et LBC pour les néerlandophones) ont mené une action aux portes de l’entreprise pour exiger la réintégration des personnes licenciées et dénoncer les difficultés rencontrées par le personnel. Robert Veekman, secrétaire permanent de la LBC : « Dans certains cas, les avertissements concernent des personnes qui ont laissé sonner le téléphone plus de dix secondes avant de décrocher. Mais la direction ne respecte pas les accords internes. Normalement, après un avertissement, la délégation syndicale doit être consultée, et la personne concernée doit recevoir un plan d’action, ce qui n’est pas le cas. Plusieurs avertissements sont injustes et doivent être retirés. Plusieurs choses ne sont pas non plus correctes du point de vue juridique. Après un avertissement, les collaborateurs concernés ne peuvent par exemple plus pendant un an solliciter des promotions internes, ce qui ne figure pas dans le règlement de travail. »
Quant aux licenciements pour faute grave, « la direction de Sitel, plutôt que d’ouvrir le dialogue, a simplement confirmé l’exclusion de ces travailleurs » déclare la CNE. « Pire, elle les accuse d’être «en dessous des standards de qualité de l’entreprise» et de «ne pas saisir les chances qui leur sont offertes de s’améliorer». Outre le fait que ces accusations ne répondent pas à la définition juridique de la faute grave, ce sont des années de management déficiant qui ont conduit l’entreprise dans la crise. »
Les syndicats suspectent la direction de vouloir ainsi se débarrasser à bon compte de certains collaborateurs. « Mais les employés ne sont pas des produits jetables » répètent les syndicats. « Nous ne voyons pas pourquoi ce seraient les travailleurs qui devraient faire les frais du mauvais management. Sitel vient de remercier plusieurs directeurs, c’est vrai, mais avec une indemnisation appréciable, pas pour faute grave, c’est-à-dire sans droit au chômage. C’est vraiment deux poids, deux mesures. » La direction déclare de son côté vouloir « optimaliser les procédures de qualité internes pour la prise en compte d’un certain nombre de variables importantes pour nos clients » (Nokia, Mobistar et la Vlaamse Infolijn notamment).
Une première négociation a abouti à ce que les travailleurs ayant reçu un avertissement auront un nouveau délai d’adaptation aux nouvelles procédures de travail. Mais la direction ne voulait pas revenir sur les licenciements pour faute grave. Le 13 septembre, un conciliateur du ministère de l’Emploi a recommandé la reprise des négociations dans l’entreprise. La direction serait prête à discuter du respect des procédures de licenciement collectif. Les négociations pourraient aussi avancer sur le plan social qui doit accompagner la fermeture du site de Geel. La plupart des employés pourraient être transférés vers Diegem ou Eindhoven, mais il faut encore voir dans quelles conditions.