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6 décembre 2011 16:29 | Il y a : 170  jour(s)
| Thème: International, Royaume-Uni, Dossier crise, Syndical

Royaume-Uni :: La plus grande grève depuis 1926

Le 30 novembre, la totalité des services publics britanniques était en grève. Deux millions de fonctionnaires se sont croisé les bras. Des centaines de milliers de participants les ont rejoints dans les manifestations dans tout le pays. Le vent tourne depuis les années 70, quand Margaret Thatcher voulait couper les ailes aux syndicats.

Tony Busselen

La réforme des pensions du gouvernement Cameron suscite une très forte opposition. Et d’autres mesures d’austérité sont programmées. Les salaires des fonctionnaires devraient être gelés jusque fin 2012 et, à terme, 760 000 emplois devraient disparaître. (Photo Xinhua)

Le ministère de l’Enseignement a dû admettre que deux écoles sur trois étaient à l’arrêt. Dans tout le pays, des centaines de manifestations ont eu lieu ; les plus grandes à Birmingham (30 000 manifestants), et à Londres (25 000). « Notre plus grande grève depuis celle de 1926 adresse un message très fort au gouvernement », a déclaré Brendan Barder, secrétaire général du TUC (la plus importante coupole syndicale réunissant 60 centrales).

L’action ciblait les plans du gouvernement Cameron pour reculer l’âge de la pension des fonctionnaires à 66 ans d’ici 2020 et, ultérieurement, à 68 ans. Actuellement, l’âge de la pension au Royaume-Uni se situe entre 60 et 65 ans. La pension serait également calculée sur base du salaire moyen de toute la carrière, au lieu des 10 dernières années de celle-ci, ce qui diminue sensiblement les pensions des fonctionnaires. En outre, les contributions des travailleurs à la pension augmenteraient de 3,2 %.

« Une très lourde réduction de nos conditions de vie »

Le ministre des Finances, George Osborne, a même eu le culot, la veille de la grève, d’annoncer que les salaires des fonctionnaires seraient gelés jusque fin 2012 et que, en 2013, ils ne pourraient augmenter que de maximum 1 %. Puisque, au Royaume-Uni, il n’existe pas de mécanisme d’index pour adapter les salaires à la hausse des prix, cela signifie une économie de 16 % aux dépens des revenus des fonctionnaires. En même temps, Osborne a averti que 760 000 emplois disparaîtront dans le secteur public. Commentaire de Brendan Barber: « Il ne s’agit plus du tout d’un effort temporaire, mais d’une très lourde et constante réduction de nos conditions de vie. »

« La grève n’est pas seulement exceptionnelle par sa dimension, mais aussi par le fait que, tant des directeurs d’école que des travailleurs du nettoyage ont, dans tout le pays, pris part aux actions. La toute grande majorité des activistes étaient des femmes qui, pour la plupart, n’avaient jamais fait la grève », a remarqué un chroniqueur de presse.

À Londres, médecins, infirmières, enseignants ont marché ensemble. Lianne Watson, un professeur qui avait amené sa fille de 10 ans à la manif, a confié à un reporter du Morning Star : « Mon père est pompier, mon mari est policier, ma mère et ma sœur sont infirmières. Nous travaillons donc tous dans les services publics. Mais, si ma fille veut un jour devenir enseignante comme moi, sa situation sera encore bien pire si je ne me bats pas aujourd’hui. » Les syndicats ont annoncé d’autres actions si le gouvernement maintient ses mesures concernant les pensions.


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