Plan du site | Newsletter | Aide | RSS |
Loading
8 novembre 2011 16:41 | Il y a : 198  jour(s)
| Thème: Belgique, Belgique, Aviation

Sabena - Responsabilité politique :: Il y avait des pilotes dans l’avion

Beaucoup accusent Swissair d’être responsable de la faillite de la Sabena. Les Suisses n’auraient pas tenu leurs engagements et auraient imposé des décisions au détriment de la compagnie aérienne belge. Notamment la commande de 34 Airbus, financièrement intenable pour la Sabena.

Axel Bernard et Jonathan Lefèvre

L’autorité de contrôle au sein de la Sabena, c’était en premier lieu son conseil d’administration (CA). Déjà, à propos de l’argent noir que se versaient les dirigeants de la Sabena, le patron de l’époque, Pierre Godfroid, affirme : « Tout ceci se retrouvait dans les comptes de la Sabena. Le conseil d’administration était également au courant. » Comment se fait-il que ces mandataires publics aient laissé pareilles pratiques se mettre en place ? Même quand Swissair investit la Sabena, les représentants belges étaient encore majoritaires au sein du CA. Sur les 12 membres, 5 étaient nommés par les Suisses, 6 par l’État belge. Le président était nommé sur proposition conjointe des deux parties. Ce sont pourtant eux qui pouvaient éviter le drame de la faillite, en refusant de voir Swissair sucer la Sabena jusqu’à la moelle. Petite revue des troupes, peu connues du grand public mais qui sont au cœur du système politico-financier belge.

Valère Croes

Ancien président du CA de la Sabena et de la CGER, administrateur de Fortis et ancien administrateur de la Générale de Belgique et Tractebel. Anobli au rang de baron. Ancien bras droit de Maurice Lippens. Proche de Dehaene.

Philippe Suinen

Ancien vice-président du CA de la Sabena. PS, ancien chef de cabinet de Guy Coëme puis d’Elio Di Rupo, actuel directeur de l’AWEX (Agence wallonne à l’exportation). 

Jacques Moulaert

Administrateur du Groupe Bruxelles Lambert (GBL) en 1997, ancien président du CA de la BBL. Est passé aussi par Cockerill-Sambre, Axa Holding, Tractebel, etc. Ancien bras droit d’Albert Frère.

Jan Huyghebaert

Lui aussi baron. Ancien président du CA de la KBC, président du CA de KBC Groupe et de KB Luxembourg depuis 1995, membre du Comité de direction de la FEB. 

Michel Van der Stichele

Ancien chef de cabinet de François-Xavier de Donnéa, alors président de la Région bruxelloise entre 2000 et 2003 (MR). Est aussi passé dans les cabinets de Philippe Monfils, Jacques Simonet, Armand De Decker (tous MR). Administrateur dans nombre d’entreprises.

Jannie Haeck

Actuel administrateur délégué de la SNCB Holding, est passé par le cabinet de Johan Vande Lanotte (alors ministre du Budget, sp.a) dont il est très proche. Avant cela, chef de cabinet adjoint de Louis Tobback, quand celui-ci était ministre de l’Intérieur. 

Clair Ysebaert

Ex-porte-parole du VLD et chef de cabinet de Guy Verhofstadt, administrateur de la SNCB. Président du Vlaams Liberaal Verbond.

Mais qui tenait vraiment le manche ?

Au dessus des administrateurs belges de la Sabena, il y avait aussi les politiciens. En particulier les ministres de tutelle de la Sabena. Guy Coëme (PS) l’était jusqu’en 1994. Il a ensuite été remplacé par Elio Di Rupo (PS). Ce dernier affirme ne pas avoir été courant de la caisse noire constituée au sein de la Sabena. « Le gouvernement fédéral n’était pas le gestionnaire mais le régulateur », affirmait-il pour se justifier. Di Rupo ignorait tout. Soit. Il est par contre le principal acteur qui a fait entrer Swissair dans la Sabena.

Avec Rik Daems, ministre des Entreprises publiques à l’époque de la faillite et actuellement sénateur (Open Vld). Leur responsabilité ? Avoir considéré que la Sabena n’avait aucune vocation à rester une entreprise publique, n’avoir jamais joué leur rôle d’actionnaire majoritaire et avoir laissé Swissair vampiriser la Sabena. La passivité et la complicité des membres du CA sont sans doute liées à ses choix politiques.

Notons aussi le parcours particulier du socialiste Karel Van Miert. Comme commissaire européen à la concurrence, ce dernier empêchera l’intervention financière de l’État belge (« des aides d’État déguisées »). Avant de rejoindre le conseil consultatif du holding propriétaire de Swissair dès la fin de son mandat de commissaire. Il y a des hasards qui ont des parfums de mort programmée. Le peu d’énergie du gouvernement Dehaene pour sauver la Sabena de la faillite n’est pas pour démentir cette impression macabre.


Réagir ?

Pas de commentaire
Ajouter un commentaire

* - champ obligatoire

*





*
*