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9 janvier 2012 19:07 | Il y a : 136  jour(s)
| Thème: Quoi de neuf docteur ?, Journal de bord Leen Vermeulen, Molenbeek, Santé, Médecine pour le Peuple

Quoi de neuf, Docteur Leen ?

Leen Vermeulen, Médecine pour le peuple Molenbeek

Leen Vermeulen, médecin de Médecine pour le Peuple, Molenbeek-Saint-Jean

Louisa est une dame âgée affligée de plusieurs maladies chroniques. Elle a des problèmes aux voies respiratoires, de l’hypertension et le diabète. Ses frais médicaux sont donc assez élevés. Heureusement, notre sécurité sociale est bien organisée et l’INAMI prévoit une « convention spéciale pour le diabète » pour les patients obliger de s’injecter de l’insuline plusieurs fois par jour. Cette convention consiste en une réglementation spéciale de remboursement garantissant la « gratuité » du suivi du diabète : la consultation chez le spécialiste est entièrement remboursée, les bandelettes de test pour mesurer le glucose sont disponibles gratuitement, le patient peut consulter une fois par an un diététicien et un podologue… En retour des efforts fournis, un spécialiste peut facturer une fois par an 80 euros à la mutualité.
    La semaine dernière, Louisa m’a dit : « La semaine prochaine, j’ai un rendez-vous à l’hôpital pour mon sucre, dois-je vraiment m’y rendre ? J’y suis encore allée voici trois mois. Je n’ai pas de problème de sucre, car je viens régulièrement vous voir et vous surveillez ça de près. Je n’ai pas encore touché ma pension et, là-bas, je dois toujours payer cash. »
    Tiens ? Payer ? « Oui, je paie chaque fois 64 euros au guichet. C’est bizarre, car sur le papier vert pour la mutualité, il n’est mentionné que 51 euros. La mutualité me rembourse donc ces 51 euros, mais il faut toujours attendre une semaine au moins avant que l’argent soit versé sur mon compte. »
    Je décide de regarder ça de plus près. Le service facturation de l’hôpital me confirme que le Dr X a bel et bien signé la convention diabète et qu’il facture bien le numéro exact de la nomenclature. Ce qu’on me dit aussi, c’est que le Dr X n’est pas conventionné (il n’a pas signé d’accord général avec l’INAMI), ce qui fait qu’il est libre de facturer à n’importe quel tarif.
    Il décide donc de compter lui-même 64 euros au lieu de 51. Mais comme par hasard, il « omet » de mentionner cette somme sur la preuve de paiement destinée à la mutualité, ce qui fait qu’il cache toute preuve de paiement. Facturer « en noir », ça ne colle pas très bien, pour le fisc !
    Le Dr X facture donc 13 euros en noir, au détriment du patient, alors que, dans un accord avec l’INAMI, il garantit qu’il consulte gratuitement et qu’en échange, il reçoit 80 euros de l’INAMI. Bref, il passe deux fois à la caisse ! En outre, il fait revenir la patiente bien trop souvent chez lui pour des consultations inutiles. Dans le dernier pli qu’il m’a adressé, je lis : « La patiente va bien, on peut envisager une légère adaptation de la dose d’insuline. Je laisse la chose à la bonne appréciation du médecin traitant ! »
    « Ben, lui, on ne peut pas faire grand-chose », me dit-on à la « Maison de la Santé » qui, entre autres, doit soutenir et encourager la bonne application des conventions pour le diabète. « Nous n’avons aucune preuve écrite qu’il facture des suppléments sur les termes de la convention. (…) C’est normal. » Normal, et quoi encore ???

À bientôt,

Leen


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