Au printemps 2011, le Pacte « Europlus » est approuvé à Bruxelles. Selon ce pacte, chaque pays de la zone euro sera contrôlé « sur base d’un certain nombre d’indicateurs concernant la position concurrentielle, l’emploi, les finances publiques et la stabilité financière ». Ajoutons que la liste des indicateurs peut s’élargir de manière illimitée.
Si certains indicateurs d’un pays sont jugés négatifs, des avertissements puis des sanctions peuvent être prises. Ces transferts de compétences économiques et sociales et le pouvoir de sanctions sont consignés dans un paquet de gouvernance économique, appelé « six-pack ».
Le 28 septembre, cet ensemble de six rapports, ce six-pack, est approuvé au Parlement européen à Strasbourg. Ce vote est partagé.
Quatre des six rapports concernent la politique budgétaire : ils sont approuvés par les sociaux-chrétiens et les libéraux, les socialistes votent contre. Les partis socialistes estiment qu’une politique d’austérité « sans politique de croissance et de reprise est vouée à l’échec ». Et ils prennent en exemple... les États-Unis : « Aux États-Unis, également exposés à un deuxième tour de récession et avec une dette publique plus importante que dans la zone euro, Obama a réagi avec un plan de 450 milliards de dollars en faveur de l’emploi. »3 Ce qui manque donc, c’est un plan Obama européen, c’est-à-dire ajouter un plan d’aide aux entreprises, qu’on appelle pudiquement « plan pour l’emploi », au plan d’austérité. Il faut « rééquilibrer les choses », mais on ne touche à rien de fondamental dans l’orientation de l’Union européenne : le Parti socialiste européen continue ainsi à soutenir la stratégie Europe 2020 de l’Union européenne qui veut faire de l’Europe la région la plus compétitive du monde, une stratégie suivie depuis 2000 et qui a entraîné une vague de privatisations sans précédent sur le continent. Une stratégie qui passe, dans la logique du profit, par une attaque sur les salaires et les conditions de travail.
C’est pourquoi les partis socialistes européens, ainsi que les écologistes, ont approuvé un des six rapports du six-pack sur « la prévention et la correction des déséquilibres macroéconomiques ». Un rapport essentiel : c’est précisément celui qui donne à la Commission le pouvoir d’établir un tableau-marquoir concurrentiel entre les États membres de l’Union Européenne. Et qui sera présenté pour la première fois ce 25 janvier. Avec ce vote, des États souverains doivent dorénavant sacrifier leur politique sociale et salariale sur l’autel de la concurrence européenne.
Il est donc faux de dire que les socialistes et les écologistes se sont opposés au « six-pack ». Ils en ont accepté une partie essentielle. Seul le groupe de la Gauche unitaire européenne, composée entre autres du Parti communiste de Grèce, du Parti communiste portugais, du Parti communiste français, a voté contre l’ensemble du six-pack.