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21 juin 2011 11:46 | Il y a : 338  jour(s)
| Thème: International, Palestine, Violence contre Gaza, Nos articles

Quatre Belges s’embarquent pour Gaza afin de rompre le blocus israélien

Asmaa, Guido, Yannick et Josy. Des jeunes et des moins jeunes, deux hommes et deux femmes, d’origine wallonne, bruxelloise, flamande et maghrébine : ces quatre Belges « moyens » n’acceptent plus l’injustice dont sont victimes les Palestiniens de Gaza et s’embarquent à bord d’une flottille internationale de solidarité.

Bert De Belder

Yannick Vanonckelen (à l’extrême gauche), Guido Gorissen (à sa gauche), Josy Dubié (à l’extrême droite), et Asmaa Seba (à sa droite) sont les quatre Belges qui partiront vers Gaza avec la Flottille de solidarité pour dénoncer le blocus imposé par Israël. Au centre, Fatima El Mourabiti et Inge Neefs, participantes à la première flottille pour Gaza. (Photo www.belgiumtogaza.com)

D’ici peu, une dizaine de bateaux mettront le cap sur la Palestine, emmenant des délégations de plus de 20 pays. Ils veulent apporter de l’aide humanitaire à la bande de Gaza coupée du monde extérieur. Mais ils veulent surtout poser un geste politique : la communauté internationale, l’Union européenne et le gouvernement belge doivent enfin faire quelque chose contre le blocus imposé à Gaza par Israël.

La plate-forme belge de solidarité « Belgium to Gaza », dont le PTB fait partie, s’embarquera à bord du Tahrir (Libération) en compagnie d’Australiens, de Canadiens et de Danois. À la fin du mois, ils doivent atteindre Gaza… du moins, si Israël le permet. L’an dernier, l’armée israélienne s’en était prise à la flottille de solidarité avec une rare violence. Bilan : 9 tués.

Lors d’une conférence de presse, « Belgium to Gaza » a présenté le projet. Les participants à la flottille n’étaient-ils pas effrayés ? s’est enquis un journaliste. « Nous craignons avant tout que la tragédie palestinienne ne dure encore de nombreuses années », a répondu Guido Gorissen, docteur à Médecine pour le Peuple. « En outre, nous craignons que les autorités belges ne poursuivent sa politique de complicité tacite. Et, enfin, nous craignons bien un peu aussi pour nos propres existences et nos compagnons car tous ceux qui ont été confrontés à l’armée israélienne savent de quelles violences celle-ci est capable. » Et le médecin sait de quoi il parle : à plusieurs reprises, il a déjà soigné des Palestiniens dans les camps de réfugiés du Liban et en Cisjordanie.

Asmaa Seba est photographe et a déjà effectué des reportages photo à Gaza. Très émue, elle brandit la photo d’un enfant : « Tsahal, l’armée israélienne, a détruit l’école de ce garçonnet, Hind, 8 ans. Et vous savez c qu’il a dit ? Ce n’est pas parce qu’ils ont détruit mon école que je vais arrêter d’étudier ! C’est ce courage des Palestiniens qui me stimule à prendre cet engagement. »

Yannick Vanonckelen est infirmière dans un hôpital public de Charleroi. « La situation pénible des Palestiniens de Gaza sur le plan de la santé ne touche d’autant plus », dit-elle. La semaine dernière encore, le ministère palestinien de la Santé publique émettait une liste de 178 médicaments qui ne sont plus en stock en raison du blocus. Les listes d’attente pour les opérations urgentes sont de plus en plus longues… Yannick a également été déléguée syndicale durant des années et elle a le soutien de son syndicat, pour son voyage à Gaza. « C’est toute cette charpente syndicale qui me donne la force de faire ça », ajoute-t-elle.

Et, enfin, il y a Josy Dubié, juriste, ancien journaliste et ancien sénateur. Il veut « opposer la force du droit au droit de la force » et, à cette fin, il a étudié les Conventions de Genève ainsi que les résolutions des Nations unies. Une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU, de janvier 2009, à l’époque de l’agression israélienne contre Gaza, semble appuyer la mission de la flottille pour Gaza. Elle demande « que l’aide humanitaire, y compris les vivres, le carburant et les traitements médicaux, puisse être distribuée sans entrave dans tout Gaza » et « se félicite des initiatives visant à créer et ouvrir des couloirs humanitaires et autres mécanismes permettant un acheminement ininterrompu de l’aide humanitaire ».

Entre-temps, Tel-Aviv met tout en œuvre pour arrêter la flottille. Les ambassades d’Israël mènent une vaste campagne afin de saboter tout soutien à la flottille. Dans certains pays, des procès en référé sont intentés afin d’immobiliser les navires à quai. Aux compagnies d’assurance, on demande de n’assurer aucun des navires. La semaine dernière, la marine israélienne s’est livrée à des exercices dont l’un simulait l’abordage d’un gros paquebot. Il y a donc peu de chance que la « Freedom Flotilla II » puisse passer. Mais les quatre Belges sont plus que déterminés : ils doivent remonter le moral des Palestiniens de Gaza et ils le feront. Et ils savent que tant les Palestiniens que la flottille de Gaza peuvent compter sur un large mouvement de solidarité.

 


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