Depuis 1996, un règlement négocié par la délégation permet aux agents qui doivent consulter un médecin pendant les heures de travail (ce qui est souvent le cas pour certains spécialistes) puissent le faire moyennant certaines modalités. Jusqu’à présent, ces modalités se font au choix du travailleur avec possibilité de demander une dispense à l’avance à son chef de service.
Rejeté par la délégation lors de la concertation du 17 juin, le nouveau règlement prévoit de d’abord envisager l’aménagement de son horaire, ensuite et si cet aménagement n’est pas possible, de prendre sur ses heures de récupérations et seulement si ces 2 possibilités ne sont pas possibles d’alors demander une dispense….On peut dès lors s’imaginer ce que cela donnera dans la pratique.
Pour soutenir l’action syndicale, je me rends donc à l’hôtel de ville où les travailleurs s’étaient donnés rendez-vous ce mercredi 29 août.
En arrivant, ils étaient déjà une bonne cinquantaine. Même si les ouvriers étaient les plus nombreux, il y avait également des employés de différents services, des techniciennes de surface, du personnel de la crèche, etc. Au total, entre 100 et 120 personnes, sans compter ceux qui ont suivi l’arrêt en restant sur leur lieu de travail.
Je n’avais jamais vu une telle mobilisation depuis que je suis conseillère communale. Je me suis posée la question : « Est-ce que cela démontre un certain malaise ? ». Alors je suis allée « aux infos ». D’après les discussions que j’ai pu avoir avec les délégués et aussi avec les personnes présentes, il s’agit surtout de montrer qu’ils ne sont pas d’accord de se laisser faire : « Si on accepte cela, d’autres règlements verront le jour et nous voulons maintenir tous nos acquis. » Ou encore : « Le secrétaire communal et le bourgmestre nous disent que c’est parce que il y a des abus. On dit toujours quand on veut faire reculer les acquis de tous. Ca ne marchera pas. »
Sur place beaucoup étaient choqués qu’aucun représentant de la commune ne soit présent pour écouter les manifestants… Alors je m’informe : Le bourgmestre avait téléphoné au délégué en lui disant qu’il ne pouvait pas être là et a proposé une réunion le lendemain, le jeudi, jour du conseil. Conseil qui devait se prononcer sur ce règlement.
A Herstal, nous avons des réunions préparatoires des conseils (entre les élus uniquement), ce qu’on appelle chez nous les commissions. J’étais évidement présente à la commission qui devait traiter de ce point. C’est le point 14. Je suis intervenue pour dire d’une part que je ne marquerai pas mon accord sur un règlement qui n’a pas été – à juste titre – accepté par la délégation et d’autre part que je souhaitais que ce point soit présenté et débattu en séance publique du conseil communal.
A l’heure où j’écris ces lignes, je reçois un sms du délégué syndical : « Nadia, la réunion est terminée, le bourgmestre va reporter à septembre le point 14. On a marqué 1 point. Bisous et merci pour ton soutien. » Des sms comme cela, on aimerait en recevoir tous les jours…
Hier soir, jeudi, au conseil communal, j’ai été heureuse d’entendre le bourgmestre dire : « Et nous passons aux ressources humaines. Point 14 : retiré de l’ordre du jour. »