Afin d’augmenter la possibilité de faire des prêts, les banques US vont procéder à la titrisation de ces prêts. Ceci bien entendu pour pouvoir faire plus de profit et non pour rendre plus de travailleurs US propriétaires de leur logement.
Sans rentrer dans les termes techniques et afin d’être le plus clair possible, la titrisation consiste donc, pour les banques, à sortir les crédits de leur bilan pour les revendre à d’autres investisseurs ou d’autres banques. Ces acteurs financiers (banques, fonds d’investissements, hedges funds et même les fonds de pension) dans leur soif de profit vont être tout heureux de les acheter car ces crédits ont un rendement très élevés car la prime de risque est très importante. C’est la définition même du subprime. Ces investisseurs sont non seulement américains mais aussi étrangers. Donc, les banques américaines accordent ces crédits et les revendent dans le monde entier. La mondialisation a bien sûr permis cela. Récupérant du cash, les banques US pouvaient accorder de nouveaux crédits et les revendre à nouveaux. La machine s’est donc emballée. Bref, si une banque sait que si elle accorde un crédit, ce crédit peut immédiatement être revendu et sortir du bilan avec un transfert de risque à l’acheteur, cela induit automatiquement deux conséquences. La première est que cette titrisation ne vise en fait qu’à extraire plus de valeur d’un actif financier. La seconde permet une prise de risque plus importante. C’est ce qui explique la possibilité d’avoir pu prêter à des clients insolvables. Si le banquier avait dû garder ces crédits dans son bilan, il aurait étudié beaucoup mieux la solvabilité de l’emprunteur.
Les banques par ce procédé se débarrassent des risques. En Anglais le terme est « securisation » ce qui exprime bien la finalité.
Ceci est un point essentiel pour comprendre la crise. La titrisation des créances est une possibilité technique créée au début des années 80. Il a fallu une législation particulière pour le permettre. Le gouvernement US de l’époque a mis donc en place le cadre légal pour permettre aux banques d’encore augmenter leur profit. Ce n’est donc pas un avatar du système mais une décision délibérée du système néolibéral. Cette technique est apparue plus tard en Europe. Et s’est généralisée à partir de l’an 2000.
Grosso modo la technique consiste pour la banque à découper ses créances en « part de saucisson » et à les transformer en titres négociables. Elle met une part de crédit à haut risque, une à moyen risque, une à bas risque etc. Et en fait un tout pour le revendre. Il est bien évident que, dans la réalité, c’est bien plus compliqué, c’est très technique mais le principe est celui-là.
Comme ces créances titrisées ont été revendues dans le monde entier, les banques européennes sont concernées.