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30 novembre 2010 17:27 | Il y a : 1  an(s)
| Thème: International, Irlande, Dossier crise

Pour la N-VA, l’Irlande libérale était « l’exemple à suivre »

Depuis le début des années 90, les Irlandais ont appris à vivre avec une politique libérale, de bas salaires et une inégalité croissante. C’est surtout l’impôt des sociétés très bas, de 12,5 %, qui a attiré beaucoup de multinationales américaines.

Tony Busselen

Longtemps les partisans d’une politique libérale en Europe ont avancé le modèle irlandais comme l’exemple à suivre. Chez nous, un Guy Verhofstadt ou un Jean-Marie De Decker en étaient follement enthousiastes. Dans son plan économique de 2005, la N-VA écrit : « En pensant entre autres au modèle irlandais, la N-VA est convaincue que la Flandre dispose de tous les atouts pour faire elle-même les choix économiques qui doivent garantir le bien-être et la prospérité de six millions de Flamands. » Mais aujourd’hui, le quotidien néerlandophone De Tijd doit le reconnaître : « Il semble que le tigre irlandais était dopé aux stéroïdes. » Pour maintenir la croissance, on a créé à partir de 2000 une bulle immobilière : on a compensé artificiellement le pouvoir d’achat trop faible par des crédits bancaires au secteur de la construction. Fin 2006, la construction représentait 20 % de l’économie irlandaise. Mais fin septembre 2008, la bulle a explosé. Ce n’est pas l’Irlandais moyen qui a fait éclater la bulle, mais les grands promoteurs immobiliers. En Irlande, il y a actuellement 2 800 grands projets immobiliers, représentant 120 000 logements. Aujourd’hui, on les appelle maisons fantômes car les chantiers sont à l’arrêt. Il s’agit surtout de grands immeubles à appartements, de quartiers résidentiels, d’hôtels, etc. Les lois du marché ont fait s’effondrer les prix des maisons, ce qui a conduit les banques à relever leur taux d’intérêt. Avec ces intérêts élevés, le remboursement ne couvre souvent plus que les intérêts d’une maison qui devient en fin de compte propriété de la banque. Le problème est qu’aujourd’hui, beaucoup d’Irlandais remboursent pour une maison qui vaut beaucoup moins que l’emprunt qu’ils ont dû faire pour l’acheter. Cela entraîne de plus en plus de problèmes pour les banques. Le gouvernement irlandais a dû ces deux dernières années voler au secours du secteur bancaire à hauteur de 50 milliards d’euros. Cet argent, il doit aller le prendre aux gens ordinaires : ces deux dernières années, le gouvernement a déjà décidé des économies et des augmentations d’impôt pour 14,5 milliards d’euros, auxquels il faut ajouter les 15 milliards des nouvelles mesures de la semaine dernière. Les conséquences pour les Irlandais du dernier plan d’austérité ne se sont pas fait attendre.


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