
Le slogan « A luta continua ! » (la lutte continue) a été scandé tout au long de la manifestation. Cette lutte passe par le plus grand syndicat du pays, la CGTP (proche du Parti communiste), qui a déjà appelé à la journée d’action européenne du 29 février. (Photo PCP)
Le nouveau gouvernement de droite a, en effet, décidé d’imposer des mesures d’austérité dictées par la troïka (Banque centrale européenne, Union européenne et Fonds monétaire international). Celles-ci concernent, entre autres, la dérégulation des licenciements, la flexibilisation des horaires de travail, la baisse des salaires réels (forte diminution du paiement des heures supplémentaires) et la remise en cause de la négociation collective.
En 2011, le gouvernement avait déjà imposé une hausse de la TVA, la suppression des treizième et quatorzième mois pour les fonctionnaires, la concession de parts de l’État dans certaines entreprises publiques et de nouvelles exonérations des cotisations patronales.
L’année 2012 a commencé par une attaque violente sur le temps de travail. Le gouvernement avait, en effet, prévu d’augmenter celui-ci d’une demi-heure par jour, ce qui équivaut à trois heures par semaine. Cependant, face à la résistance des travailleurs, il avait été forcé de retirer cette mesure. Mais il n’a pas fait marche arrière et, main dans la main avec le patronat et la troïka, et avec l’accord du Parti socialiste, il a annoncé cette nouvelle vague d’austérité.
Les mesures proposées interviennent en fait dans le cadre d’un accord-projet de loi signé en janvier 2012 entre les patrons et le deuxième syndicat portugais, l’UGT (proche du parti socialiste). Un accord qui a fait bondir la CGTP, dont le nouveau secrétaire général, Arménio Carlos, a déclaré : « Cet accord récent de concertation sociale est une des plus grandes arnaques du siècle ! Mais cet accord n’a pas force de loi, il nous faut donc le combattre de toutes nos forces pour obtenir son retrait. »
La demande de retrait de l’accord était donc le principal objectif de cette manifestation, qui appelait, plus largement, à lutter contre « l’exploitation, les inégalités et la paupérisation ». Ce combat passe, pour le syndicat, par « la mobilisation générale, pour informer les travailleurs, agir et lutter sur tous les lieux de travail contre ces mesures de recul social et de civilisation. » Ces mots, prononcés par le dirigeant du syndicat en conclusion de son discours, ont fait écho au slogan « A luta continua ! » (la lutte continue), qui a été scandé tout au long de la manifestation.
La manifestation du 11 février intervient peu après le 12e Congrès de la CGTP, qui a eu lieu les 27 et 28 janvier dernier. Le syndicat y a réaffirmé les grands principes pour les semaines à venir : le choix de la lutte contre les mesures d’austérité, l’unité d’action à la base plutôt que des accords négociés au sommet, ainsi qu’une alternative politique en rupture avec la politique actuelle de l’Union européenne.
La CGTP a également marqué un rapprochement du PCP (Parti communiste), qui soutient la lutte des travailleurs. Ainsi, Arménio Carlos, qui a été élu à la tête de la centrale syndicale, est issu de ce parti.
Les perspectives pour la lutte syndicale au Portugal passent par une mobilisation dans les entreprises, qui débouchera sur une lutte nationale et, notamment, la journée d’action européenne du 29 février prochain.
Source : solidarite-internationale-pcf.over-blog.net