
Les mesures du gouvernement Di Rupo auront pour conséquence de pousser tous les salaires à la baisse. En augmentant le nombre de demandeurs d’emploi sur le marché, on les pousse à accepter tout type d’emploi, quels que soient les conditions et le salaire. (Photo Solidaire, Salim Hellalet)
La stratégie suivie par le gouvernement met en place au pied de la lettre la quatrième recommandation de la Commission européenne demandant d’augmenter le taux d’emploi par la dégressivité du chômage, et des mesures d’activation des travailleurs plus âgés et des groupes vulnérables.
Concrètement, le stage d’attente, nouvellement renommé stage d’insertion professionnelle sera plus long. Cela veut dire que Pierre, 23 ans, qui vient de terminer ses études, devra désormais attendre 12 mois et non plus 9, avant de pouvoir toucher une quelconque allocation s’il ne trouve pas d’emploi. Et les conditions pour les obtenir sont également plus sévères. Une seule évaluation négative prolonge de 6 mois l’attente. Cette logique concerne également les personnes qui n’ont pas encore travaillé un an temps plein. Pierre, à 30 ans, habitera-t-il toujours chez ses parents ?
C’est sans doute le sort que connaîtra Diane, 33 ans, mère de deux enfants et licenciée après dix ans de travail. Pendant les trois premiers mois, elle touche 65 % de son ancien salaire, et 60 % les neuf mois suivants. Sa deuxième période s’élève à 22 mois (2 mois + 10 fois 2 mois). Pendant les 12 premiers mois de cette deuxième période, elle va toucher 40 % de son ancien salaire. Ensuite, son indemnité des 10 mois suivants diminuera chaque trimestre, pour ne plus consister qu’en un montant forfaitaire de 474 euros par mois.
Les chômeurs âgés seront également particulièrement touchés par cette dégressivité des allocations de chômage qui tomberont bien plus vite au forfait minimal. Sans compter que le critère d’âge pour avoir droit à une prime d’ancienneté dans l’indemnité de chômage passera de 50 à 55 ans.
Enfin, les conditions pour obtenir les allocations étant plus strictes, il y a un risque plus grand pour tous les travailleurs sans emploi d’être sanctionnés et/ou de se faire exclure du chômage. Et de finalement devoir faire appel aux CPAS pour un revenu de survie.
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