Le nombre de manifestants va croissant. La semaine dernière, ils n’étaient guère plus de 3 000 à Nimègue. Ils sont des milliers à faire grève depuis deux mois déjà. Ils veulent des choses absolument normales, comme le maintien du salaire en cas de maladie et une pression du travail correcte. Ils veulent une augmentation de salaire modérée. Les patrons du secteur ont fait une proposition finale ridicule et cherchent en fait la confrontation directe. Ils estiment que les nettoyeurs ne méritent pas de salaire en cas de maladie et ils n’offrent aucune sécurité à la main-d’œuvre temporaire. Et ils associent la future augmentation de salaire dérisoire à un changement de réglementation de pension. « Si vous nous traitez de la sorte, vous devez vous attendre à une grosse colère », a répondu le personnel.
Khadija Tahiri est technicienne de surface dans un hôpital et, en même temps, présidente du syndicat du nettoyage. « La même chambre doit être nettoyée à moindre prix d’année en année, déclare-t-elle. La guerre des prix aboutit à des arrangements impossibles. Cela se fait au détriment de notre travail et de notre santé. »
Le 12 janvier, à La Haye, les nettoyeurs ont remis leurs solutions à la guerre des prix qui sévit dans le secteur aux députés de la Deuxième Chambre du PvdA (sociaux-démocrates), du SP (gauche radicale) et de GroenLinks (écologistes) ainsi qu’au président du VNO-NCW (union des entreprises néerlandaises), Bernard Wientjes. Les nettoyeurs veulent que la Deuxième Chambre et le président des employeurs se chargent de mettre un terme à l’énorme pression au travail. Les autorités sont en effet le plus important commanditaire des entreprises de nettoyage. Et, en cette qualité, les membres de la Deuxième Chambre peuvent intervenir et faire en sorte que la pression diminue. C’est alors que les nettoyeurs ont défilé à La Haye, dans une impressionnante « Marche du respect ».
Les nettoyeurs sont aussi en colère à cause de l’attitude des entreprises de nettoyage. Le 1er février, une centaine de nettoyeurs ont occupé l’espace des négociations quand ils ont appris l’offre finale des employeurs. Ils ont offert au président des patrons du nettoyage le Calimero d’or pour son attitude « mesquine et minable ». « Nous ne demandons pas le jackpot ou des montagnes d’or, mais un peu plus de respect, comme le paiement en cas de maladie. C’est normal pour tous les patrons du nettoyage et à peu près pour chaque Hollandais, mais nous, pour ça, cela fait déjà plus 30 jours que nous sommes en grève, a réagi la présidente Tahiri. C’est ridicule. Mais cela ne fait que renforcer notre détermination. Nous avons en effet le soutien de grands commanditaires et de millions de Hollandais. Nous continuons ! »
Dans le Quote 500 (la liste des 500 Hollandais les plus riches, NdlR) figurent quatre propriétaires de grandes entreprises de nettoyage. Il s’agit d’Asito, de GOM/Facilicom, de Hago/Vebego et de CSU. Christiaan Boddeveld est vice-président du syndicat des nettoyeurs et il n’est pas tendre avec ces propriétaires : « Ils sont immensément riches et ils vivent littéralement dans des châteaux et des palais. Ils ne s’enrichissent pas avec le pétrole, mais avec notre sueur. On ne peut pourtant pas dire honnêtement que le maintien du salaire en cas de maladie est hors de prix. Nous voulons récupérer un peu de cette richesse extrême que nous assurons à nos patrons et nos commanditaires. »
Les milliers de nettoyeurs reçoivent entre-temps un soutien international impressionnant. Il y a des vidéos et des lettres de solidarités émanant de dizaines de syndicats du monde entier. De Hongkong aux États-Unis, du Danemark à l’Australie. D’ici peu, des actions seront organisées par les nettoyeurs en face des multinationales et ambassades hollandaises à Adelaïde, Brisbane, Buenos Aires, Melbourne, Sydney, Londres, Nyon, Hambourg, Berlin et Francfort. « La grève des nettoyeurs hollandais ne concerne pas qu’un pays. Ils sont les pionniers d’une lutte de millions de travailleurs désireux qu’on tienne compte d’eux et qu’on ne les ignore plus », interpellent les nettoyeurs du monde entier dans une de leurs déclarations.
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