Dans le même temps, la secrétaire d’État pour l’environnement et l’émancipation sociale de l’époque, Miet Smet, crée le premier plan de dispersion, selon lequel les communes à travers le pays peuvent accueillir les demandeurs d’asile sur base volontaire. Les bourgmestres viennent à Bruxelles et choisissent les demandeurs d’asile « blancs ». Un candidat réfugié sud-africain noir saute par la fenêtre du dernier étage. Il ne supportait pas l’idée de se retrouver dans un régime d’apartheid comme en Afrique du Sud.
C’est le début de la première grève de la faim contre les discriminations dans les centres d’accueil. L’affiche « We are not dangerous » devient le symbole de la lutte contre la division et pour la solidarité avec ceux qui cherchent une vie plus sûre.
25 ans plus tard, cette affiche est toujours un symbole et est plus que jamais d’actualité.
Hiver 2011 : crise de l’accueil. Les images de files de gens qui demandent l’asile auprès de l’Office des étrangers à Bruxelles reviennent au JT avec une régularité de métronome. Des centaines d’hommes, de femmes et d’enfants sont contraints de dormir dans la rue ou dans des conditions extrêmes. Car le gouvernement fédéral n’est pas en mesure de leur trouver les places d’accueil auxquelles ils ont droit. Cette crise dure depuis plus de trois ans.
Comment se fait-il que des réfugiés venus de pays en guerre comme l’Afghanistan ou la Guinée, ou en grave crise humanitaire comme la Somalie, soient en danger dans les rues de Bruxelles ? Le dossier réalisé par Amitiés sans frontières, le groupe de travail du PTB travaillant avec les migrants, vise à répondre à cette question. En pointant les responsabilités politiques qui sont à la base de cette crise de l’accueil des demandeurs d’asile.
La conclusion peut paraître cynique : nos gouvernants ont délibérément laissé pourrir l’accueil des réfugiés pour donner l’impression que la Belgique était envahie par un « tsunami » d’étrangers. Le mensonge du prétendu « raz-de-marée » a permis de transformer des personnes en danger en personnes dangereuses. De hauts magistrats anversois sont allés jusqu’à l’affirmer : les étrangers menacent notre sécurité sociale. Un nouveau mensonge, comme le démontre ce dossier.
En cette période de crise économique, prendre des étrangers comme boucs émissaires permet d’éviter qu’on s’attarde trop sur la responsabilité des spéculateurs ou de ceux qui voient leur fortune continuellement s’agrandir, alors que la population doit se serrer la ceinture. Amitiés sans frontières lance un appel : ne nous laissons pas diviser ! La solidarité est plus que jamais nécessaire.
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