Trois cortèges se sont formés dés 9 h, devant les sites de Tilleur, Flémalle et Ougrée. Au départ de ce dernier, plus de 200 personnes ont commencé leur marche vers la place Cockerill, où se trouve la maison communale, sous des banderolles vertes et rouges. Dés le début de l’action, les manifestants ont montré que leur couleur syndicale passait après le front commun et ont donc marché mélangé. Pas de bloc CSC d’un côté et un FGTB de l’autre, mais tous ensemble derrière un bulldozer qui transportait, outre des syndicalistes, deux cercueils. « Un pour Lakshmi Mittal et un pour son fils ! C’est eux qui ont décidé de fermer notre activité », explique un délégué.
Les quelques travailleurs qui sont en activité le long du parcours s’arrêtent pour pendre des photos avec leur gsm. Les pétards commencent à raisonner. De l’autre côté de la Meuse, les mêmes bruits se font entendre, ce qui réchauffe quelque peu le cortège (si le soleil était bel et bien là, le thermomètre avait du mal à atteindre les 10°).
Arrivés au lieu du rassemblement, c’est une (petite surprise) : alors qu’un délégué avait confié espérer 5 000 personnes, ils sont le double, places Kuborn et Cockerill. Le rouge et le vert restent dominants mais l’orange (le syndicat français CFDT), le bleu (une délégation de la CGSLB), le blanc (ATTAC) donnent encore un peu plus de couleurs. Les mutualités sont là, de même que le personnel de Médecine pour le Peuple de Herstal, la CGT (syndicat français), des délégations de Caterpillar, d’InBev, de Sidmar, des élèves du secondaire et du supérieur, etc. Sans oublier le PTB et son mouvement de jeunes, Comac, présents en nombre et qui ont reçu un accueil chaleureux des participants au rassemblement.
A 10 h, les responsables syndicaux ont pris place au-dessus des marches de la maison communale, redécorée pour l’occasion de drapeaux et de ballons de la CSC et de la FGTB. Le premier, Pierre Lepine, président de la CSC Liège-Huy-Waremme, a remercié les personnes présentes « d’avoir répondu à l’appel de la solidarité » : « Vous êtes venus de Liège, de Namur, de Bruxelles, d’Anvers, du Limbourg, du Luxembourg, de France, d’Europe. C’est une réponse au diktat de Mittal. »
Marc Goblet, son homologue de la FGTB, a embrayé : « Saluons les travailleurs venus de Bruxelles et du Nord du pays. Cela prouve que la sidérurgie est l’épine dorsale de la Belgique tout entière, pas seulement de la Wallonie. » Avant d’attaquer la droite, Didier Reynders en tête, Charles Michel, les intérêts notionnels, la « flexicurité »… Et de conclure : « Je ne vois pas de camarades de la CSC et de camarades de la FGTB. Ce n’est pas une question de couleur, c’est une question d’honneur ! »
Si l’annonce de la décision de Mittal de fermer une partie des activités de « son » usine aurait pu en refroidir plus d’un, c’est tout le contraire qui s’est passé. Tout le monde pointait l’avenir, la combativité des manifestants. Comme le dit Raoul Hedebouw, porte-parole du PTB : « C’est un premier bon pas dans le sens de la mobilisation. Je n’ai ressenti aucun fatalisme dans le chef des personnes présentes. C’est un signal fort, un prémisse d’une lutte de longue haleine pour le maintien de l’emploi à Liège et plus globalement dans la région.
Ca fait chaud au cœur de voir des camarades néerlandophones et d’autres pays venir si loin de chez eux. »
Et ce n’est pas fini. Comme l’a dit un représentant syndical : « Au revoir camarades et… à bientôt ! »