Cher [plusieurs millions d’euros]
● COURT-SAINT-ETIENNE. Depuis le décès, en 2007, du patriarche de la famille, le comte Pol Boël, plus aucun membre de la famille n’habite La Louvière. Par contre, les descendants de Gustave Boël (1837-1912) possèdent d’imposantes propriétés à Court-Saint-Etienne, dans le Brabant wallon.
Jacques Boël vit au domaine de Beauregard, luxueuse demeure entourée d’un parc de 8 hectares. Le comte Richard Goblet d’Alviella, administrateur délégué de la Sofina, principal holding familial, occupe en plein centre de la commune le château des comtes Goblet d’Alviella, bâtiment néo-classique du 18e siècle situé dans un superbe parc classé de 35 hectares, où l’Orne et la Thyle se rejoignent.
Mais le joyau immobilier de la famille est la ferme-château du Chenoy. Cette immense bâtisse de 140 pièces, qui donne sur un parc de 40 hectares, date du 13e siècle et a appartenu aux moines de Villers-la-Ville. Yves Boël y résiderait, même s’il est domicilié à Ixelles. En 1974, son père, le comte René Boël (1899-1990), y avait invité 34 personnalités libérales et patronales pour une rencontre informelle sur la situation économique et politique de la Belgique.
Les descendants de Gustave Boël vont, dès la première génération, faire des mariages qui vont lier les Boël à de nombreuses grandes et riches familles : les Goblet d’Alviella, de Kerchove de Denterghem, Feyerik, de Meeûs d’Argenteuil, Solvay, Janssen, Guinotte, de Jonghe d’Ardoye, Lippens, Davignon, Emsens, etc.
En 2006, le comte Richard Goblet d’Alviella a marié sa fille Valentine à Charles-Antoine, fils du baron Daniel Janssen. Ces deux grands patrons sont chacun des arrières-petits-fils de Gustave Boël. Avant de se rendre à l’église qui jouxte le château des comtes Goblet d’Alviella, les futurs époux ont traversé la rue pour rejoindre la maison communale, où leur union a été officialisée par le comte Michaël Goblet d’Alviella, oncle de la mariée et bourgmestre de Court-Saint-Etienne – comme l’était déjà son père.
Il y a aussi des liaisons moins rentables, en termes de patrimoine et de réputation. En 1968, la première épouse de Jacques Boël donne naissance à Delphine Boël, fille unique. Durant l’hiver 1993-94, le même Jacques Boël est aux commandes des Usines Gustave Boël lorsqu’une grève historique paralyse l’entreprise durant 74 jours. Pour soutenir les grévistes, le PTB publie une affiche ironique avec la photo du patron et sa fortune : « Moi Jacques Boël, je défends l’avenir de ma famille. Et vous ? » Ce que presque personne ne sait à l’époque – et certainement pas les auteurs de l’affiche – c’est que cette famille a été conçue avec les spermatozoïdes du futur roi Albert II.
À son décès en 1880, Ernest Boucquéau lègue à son directeur Gustave Boël les usines sidérurgiques de La Louvière qui vont bientôt porter le nom de ce dernier. Pendant plus d’un siècle, l’acier va procurer aux Boël d’immenses profits qu’ils investissent dans d’autres secteurs. Mais lorsque la sidérurgie ne rapportera plus suffisamment, ils n’auront qu’une obsession : quitter ce secteur.
Ils vont d’abord fermer les uns après l’autre d’importants outils : cokerie, agglomération, haut fourneau… En quinze ans, deux tiers de l’emploi est liquidé. Puis, en 1999, la Région wallonne leur permet de quitter totalement la sidérurgie en intervenant pour offrir l’usine louviéroise au groupe italo-suisse Duferco. Depuis, les Boël sont des financiers pur jus, à la tête de plusieurs holdings dont deux, Sofina et Henex, sont cotés en bourse.
Le 31 mars 1977, René, Lucien, Jacques, Philippe, Pol et Yves Boël se présentent devant le notaire bruxellois Thierry Van Halteren pour constituer la société anonyme Domanoy. Deux ans plus tôt, le décès de Max Boël leur avait coûté les yeux de la tête en droits de succession. Ils cèdent donc les fermes et châteaux multi-centenaires, ainsi que plus de deux milles hectares de terres et bois de la région de Court-Saint-Etienne à cette société. Ainsi, leurs biens immobiliers deviennent mobiliers : des actions anonymes. Or, dans le paradis fiscal belge, il y a un cadastre des immeubles, mais pas de cadastre financier. Il leur est donc aisé ainsi d’éluder les droits de succession.
Début 2006, la Région wallonne annonce qu’elle va dépenser 150 millions d’euros pour assainir ses quinze friches industrielles les plus polluées. Soit 10 millions par site. Parmi ceux-ci, la Safea. Cette société créée par les Boël produisait des engrais à partir de l’hydrogène émanant de la cokerie des Usines Gustave Boël, situées juste à côté.
Depuis sa fermeture en 1978, la Safea constituait une friche industrielle superbe, mais gravement polluée. Aujourd’hui, elle a été rasée et le terrain complètement assaini. Mais le pollueur – la famille Boël – n’a jamais été payeur. Pire : la Région wallonne a racheté le site à Duferco (qui en a hérité lors de la reprise de l’usine sidérurgique) pour pouvoir l’assainir…
Bruxelles abrite les institutions de l’Union européenne, mais également le siège de la puissante organisation patronale qui lui dicte nombre de décisions : la Table ronde des industriels européens. Depuis sa création en 1983, une dizaine de représentants de groupes belges y ont siégé. Dont quatre sont ou ont été membres du conseil d’administration de la Sofina, le holding des Boël : Yves Boël et Daniel Janssen, membres de la famille, Etienne Davignon, beau-frère de feu Pol Boël, et François Cornélis, administrateur indépendant.
Daniel Janssen a également participé au groupe Bilderberg, mais c’est surtout Etienne Davignon qui joue un rôle clé dans cet organe informel organisant des rencontres à huis-clos de hauts dirigeants politico-patronaux européens et américains. La dernière réunion s’est tenue ce 12 novembre 2009 au château de Val Duchesse (Bruxelles), dans le cadre de la désignation du premier président du Conseil européen. Herman Van Rompuy, invité par Davignon, était présent...
● Fortune 20091 : 1 132 millions € (8e du top 100)
● Evolution 2000-2009 : + 60 %.
● Taxe des millionnaires sur cette fortune : 33 895 000 €. De quoi augmenter de 100 € par mois la pension de 28 245 pensionnés.
1. Selon les estimations du journaliste Ludwig Verduyn
Pour en savoir plus, lire : Marco Van Hees, La fortune des Boël, éditions Aden, 2006.
Gustave Boël a quitté le village de Roucourt (près de Péruwelz) pour faire fortune ailleurs. Il était d'une branche cadette.
La branche ainée est restée à Roucourt, qui est le berceau de la famille Boël.
Cette branche ainée a donné plusieurs généraux dont un fut le Commandant du 1er Régiment de Guides de Léopold II qui ne l’a finalement pas anobli car il a refusé le poste de gouverneur du Congo que voulait lui confier le Roi.
D'autres généraux ont suivi. Le dernier, le Lieutenant Général Louis Boël (héros des deux dernières guerres mondiales), a eu 5 enfants.
Son fils ainé, le Lieutenant Louis Boël, fut un héros de la résistance (40/45) et est mort dans un camp de concentration en 1945, laissant un fils, Louis Boël, qui, après une carrière d'agronome et de consultant senior (aquaculture, développement durable etc.), journaliste et écrivain dans plus de 78 pays dans le monde, vit actuellement à Tours. Il a deux enfants qui vivent au Royaume Uni.
Le deuxième fils du Lieutenant Général Louis Boël, Paul Boël, volontaire de guerre en 1944, est arrivé en 1947 dans le Kivu (Congo Belge). Il y créa des plantations (café, quinquina) et fut le premier, en Afrique noire, à monter une société de pulvérisation aérienne pour les plantations de l’est du Congo Belge. Ses avions allaient jusqu’au Kenya et en Tanzanie. Après l'indépendance du Congo, au Burundi voisin, il créa la première société de taxi aérien de ce pays. Paul Boël est mort il y a quelques années, en laissant deux fils.
La fille ainée du Lieutenant-Général Louis Boël, Thérèse Boël, épousa le Général Gailly. Un de ses petits fils est conseiller d'un Commissaire européen. Un autre est cadre supérieur chez Fortis. Une de ses petites filles est une musicienne de talent.
La deuxième fille, Louise Boël, épousa le Colonel Georges Martin (Longtemps Président Directeur Général de la Royale Belge) qui fut anobli par le Roi Baudouin Ier. Ils eurent 5 enfants dont l’aîné (Georges) est toujours missionnaire (Père Blanc depuis 1947) au Congo. Un autre fils (Louis) créa, à Goma, le plus important des centres pour handicapés physiques du Congo et, peut-être, d’Afrique noire.
Sa dernière fille, Marie-Clotilde (dite’ Toty’), est décédée il y a presque deux ans à Roucourt. Elle ne s’est jamais mariée. Marie-Clotilde Boël a été très active dans toutes les œuvres charitables de cette région du Hainaut. Elle assura, avec dynamisme, le secrétariat de nombreuses cures de la région. Elle a laissé toutes ses propriétés à la Fondation Roi Baudouin (dont le château familial -8, rue du Lieutenant Louis Boël à Roucourt, à quelques pas de la place Louis Boël) Marie-Clotilde Boël a écrit une histoire de la famille Boël en 7 tomes. Elle écrivit aussi une histoire complète du village de Roucourt.