Salah Hamouri a la nationalité française, comme Ghilad Shalit, le soldat de Tsahal. Mais son autre patrie est la Palestine. A ce titre, il n’a pas bénéficié du travail du gouvernement et de la diplomatie de l’hexagone comme son « homologue » israélien. « Homologue » est sans doute un peu fort car, au contraire du soldat Shalit, fait prisonnier alors qu’il était en mission près de la frontière, Salah est un civil.
Né à Jérusalem de mère française et de père palestinien, Salah Hamouri a été arrêté le 13 mars 2005 et reconnu coupable, sans la moindre preuve et sans jugement, en 2008 par un tribunal militaire israélien de projet d'assassinat du rabbin Yossef, dirigeant du parti extrémiste Shass. Condamné à sept ans de prison, il a toujours clamé son innocence.
Cette libération, intervenue le 18 décembre, s’inscrit dans le cadre d’un accord entre l’État hébreu et le Hamas, grâce à une médiation de l’Égypte. En échange du soldat Shalit, Israël a relâché le 18 octobre un premier contingent de 477 détenus palestiniens. L’accord prévoyait qu'un deuxième groupe de 550 Palestiniens devait être relâché dans les deux mois.
Le sort de Salah Hamouri faisait polémique en France. Il est vrai que, mis en parallèle, la différence des efforts diplomatiques français pour faire libérer Shalit et Hamouri interpelle. Ce qui fait dire à un journaliste français : « Le président aurait, selon ses détracteurs, multiplié les efforts destinés à favoriser la libération du soldat Shalit, en arguant de la nationalité française dont celui-ci bénéficiait par sa grand-mère et son père. Sans déployer les mêmes moyens en faveur de Salah Hamouri, de mère française et par conséquent, lui aussi binational. »1
Patrick Le Hyaric, directeur du quotidien français L’Humanité qui a publié une photo du Franco-palestinien dans chaque numéro, consacrait son édito du 16 décembre à cette libération : « Les portes de la prison de Salah Hamouri s’ouvrent au moment où l’enjeu de la reconnaissance de la Palestine comme 194ème État de l’ONU anime un grand débat mondial. Que la Palestine ne reste pas enfermée dans cette prison construite par les mêmes geôliers qui ont retenu Salah. Bienvenue à Salah. »
1. tempsreel.nouvelobs.com, le 15 décembre