Alors qu’il y a tant de chômeurs, Di Rupo s’inscrit dans la pensée unique néolibérale qui pousse à travailler plus longtemps. Il invoque la nécessité d’avoir plus de personnes au travail afin de pouvoir payer les pensions et l’assurance maladie d’une population vieillissante. Mais la politique suivie ne mènera pas à créer des emplois. Tout comme les mesures de contrôle et de sanction des chômeurs, cette politique d’activation des personnes âgées va encore plus augmenter la concurrence entre les travailleurs ce qui poussera vers le bas les salaires et les conditions de travail.
Concrètement, avec la note du formateur, il sera de plus en plus difficile de bénéficier de la prépension et d’une pension anticipée avant 65 ans et d’avoir droit à une pension complète. Le texte prévoit également de généraliser le deuxième pilier de pensions (assurance privée groupée par entreprise ou par secteur) au détriment de la pension légale.
En matière de prépensions, si les mesures prévues par le Pacte de solidarité entre les générations ne s’avèrent pas suffisantes pour dissuader les départs en prépension, la note Di Rupo envisage une série de mesures « correctrices » :
• la carrière pour accéder à la prépension pour les carrières complètes sera rallongée (de 38 à 40 ans);
• l’âge d’accès à la prépension pour les carrières complètes sera relevé (de 58 ans à 60 ans).
Les cotisations patronales dues sur les indemnités de prépension seront plus élevées en fonction de l’âge.
Par ailleurs, toute une série de mesures sont prévues en vue d’empêcher le départ en pension anticipée. Ainsi, l’impôt sur les pensions du deuxième pilier sera plus élevé si on part en pension à 60 ans. La retraite anticipée à 60 ans ne restera possible que pour ceux qui, à cet âge-là, atteignent 40 ans de carrière. Pour les fonctionnaires, la durée minimum de carrière passera progressivement d’ici 2020 à 35 ans. A terme, on veut rendre ce mécanisme impossible. L’âge minimum de la retraite anticipée, actuellement de 60 ans, sera en effet augmenté de 2 mois par an jusqu’à ce que l’âge de la pension anticipée coïncide avec l’âge légal de la pension, c’est à dire 65 ans.
Fabienne travaille à la poste. Elle y travaille depuis 40 ans, dans des conditions de plus en plus difficiles. Elle n’a jamais gagné beaucoup d’argent (1 600 euros net par mois à la fin de sa carrière), mais elle a droit à une bonne pension (environ 1 200 euros net par mois). Par la réforme de Di Rupo (calcul de la pension des fonctionnaires sur base des 10 dernières années et non plus des 5), sa pension sera diminuée à 1 100 euros/mois. C’est-à-dire une perte de 100 euros/mois.