On le voit, même si la note Di Rupo ne s’attaque pas en soi aux salaires (ou à leur indexation) ni explicitement à l’âge de la retraite, elle contient tous les ingrédients pour miner totalement notre système social. C’est d’autant plus vrai que le volet institutionnel des réformes envisagées va renforcer la concurrence entre Régions et les pousser à une activation toujours plus grande notamment des chômeurs (les politiques de sanctions et d'activation des chômeurs sont d’ailleurs régionalisées). En effet, le budget des Régions sera essentiellement déterminé en fonction de la part de l’impôt des personnes physiques payée par Région (ce qui favorise toujours la Région la plus riche).
Mais la réforme de l’État voulue par Di Rupo prévoit aussi des mécanismes de responsabilisation. Les Régions auront un bonus ou un malus en fonction du taux d’activité de leurs résidents. Un bonus complémentaire sera octroyé aux Régions qui parviennent à faire remonter leur taux d’emploi au-dessus des prévisions du Bureau du Plan. La même chose vaudra d’ailleurs en matière de soins de santé. Chaque Région va donc être incitée à taper plus dur sur les chômeurs et à multiplier les cadeaux au patronat, sous peine de voir son taux d’emploi diminué, ses moyens financiers réduits et l’acculer ainsi à la faillite.