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31 août 2011 15:48 | Il y a : 267  jour(s)
| Thème: Belgique, Genk, PTB

Nos membres, notre richesse :: Rabia

Autrefois, Rabia voulait faire du théâtre. Mais faute de moyens, elle a dû y renoncer. Aujourd’hui, elle se bat avec l’aide du PTB pour se débarrasser de la moisissure qui recouvre ses murs.

Bianca Booms

«Vous continuez d’apporter votre aide alors que cela ne vous rendra pas plus riches»


Rabia est une jeune femme d’origine turque. Elle vit avec son époux et leur petite fille à Sledderlo, un quartier résidentiel de Genk. Rabia aime le théâtre, et notamment les représentations du Théâtre des Jeunes de Turquie (TGT), une troupe de jeunes de 16 à 30 ans, dont les pièces sont engagées.

« Cet engagement social est important », explique Rabia. « Il faut faire quelque chose pour les jeunes. Les préserver des dangers de la rue, par exemple, leur faire prendre conscience, à travers le théâtre, des risques liés à la drogue ». Enfant, Rabia aurait aimé faire du théâtre, mais la situation financière de ses parents ne lui permettait pas. Il y avait six enfants à la maison et pas assez d’argent pour permettre à chacun d’avoir un hobby. Au début de cette année, elle a cru enfin pouvoir réaliser son rêve lorsque la compagnie TGT a organisé une journée d’auditions. Mais au tout dernier moment, Rabia a pris peur. « Une fois mon tour arrivé, j’ai eu un trac terrible en voyant le jury et j’ai filé », avoue-t-elle. « Une autre fois peut-être ».

J’entends ce qui se passe trois étages plus bas

Rabia et sa famille vivent dans un immeuble à appartements, et la vie est loin d’y être confortable. L’hiver, il y fait très froid et les murs de la salle de bain sont couverts de moisissures. « Nous sommes entassés les uns sur les autres, et j’entends tout ce qui se passe trois étages plus bas », raconte Rabia. « Ce qui est assez pénible pour quelqu’un comme mon mari qui travaille beaucoup et rentre à la maison mort de fatigue. »

La plupart des locataires de l’immeuble vivent très modestement. Cinq familles sur neuf – dont celle de Rabia – ont un compteur à budget. « Il faut constamment calculer pour joindre les deux bouts », explique-t-elle. « Et certains finissent par baisser les bras, car finalement il n’y a pas d’issue, on ne peut rien faire contre les refus à toutes nos demandes d’emploi, on ne peut rien faire contre les mauvaises conditions de logement, on ne peut rien faire contre les factures faramineuses... »

Pour remédier à la situation, Rabia et les enfants s’organisent, par exemple, pour entretenir les abords de l’immeuble et les garder plus propres. « J’aimerais tant que la ville de Genk aménage une petite plaine de jeux derrière l’immeuble, les enfants n’auraient plus à jouer sur le parking et cela diminuerait les dégâts faits aux voitures. Je ne comprends pas pourquoi c’est si difficile. »

« Vous ne m’avez pas demandé d’argent »

Rabia a connu le parti via Médecine pour le Peuple, où elle a fait un stage comme accueillante. « Je suis vraiment étonnée de voir qu’il existe des organisations qui s’investissent pour les gens sans essayer d’en tirer profit. » Les médecins de la maison médicale Médecine pour le Peuple de Genk ont étudié les conditions de vie à Sledderlo, le quartier où vit Rabia. Il ressort de leur étude qu’en raison de la mauvaise isolation des habitations et du mauvais fonctionnement du système de chauffage, les affections des voies respiratoires y sont pratiquement trois fois plus élevées par rapport au reste de la Flandre. Médecine pour le Peuple et les habitants du quartier sont allés ensemble dénoncer la situation à la presse. « Vous ne m’avez pas demandé d’argent pour l’ouverture de mon dossier. Vous vous êtes occupés de mes problèmes de logement. Cela ne vous rend pas plus riches et pourtant vous continuez d’apporter votre aide. C’est pourquoi mon époux et moi-même avons décidé de prendre une carte du parti. Nous voulons mieux vous connaître. Pour l’instant je lis votre livre « Wij zijn één, nous sommes un » pour en savoir plus sur les dangers d’une scission de la Belgique. J’essaie aussi de trouver une manière de faire connaître le parti auprès de la population turque. Je me demande pourquoi les gens de mon entourage n’ont pas encore adhéré au PTB, qu’est-ce qui les fait hésiter ? Il faut informer les gens qui vivent dans mon quartier de tout ce que vous faites pour la population. Je veux apporter ma pierre à l’édifice. Je serai également présente à ManiFiesta, un festival de ce genre à un prix aussi modique, c’est devenu très rare de nos jours. »



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