
Alex : « Notre système est obsolète, nous sommes à l'aube d'un changement. » (Photo Solidaire, Catherine Desert)
A 17 ans, Alex se voyait comédien. Un professeur de théâtre lui donne un de ses premiers rôles : la conscience de l’Humanité, « celle qui se réveille et voit ce que les hommes sont devenus ».
Mais la perte de sa mère et de son beau-père l’amène à devoir se débrouiller et chercher un emploi. C’est le début du parcours du combattant pour ce « Herstalien pur et dur » dont les recherches relèvent de l’acharnement. D’un poste d’intérimaire à un autre, il a connu une vingtaine d’entreprises, et presque autant de postes différents. Il explique : « Certains aiment la liberté de l’intérim mais, pour moi, ça n’apporte aucun avenir. On est dans le doute chaque jour, l’intérim tue l’emploi. On y est un numéro, parfois même un esclave ».
Aujourd’hui, Alex retourne pour la troisième fois chez T.A.C. (Technical Airbone Components Industries) sur le zoning d’Herstal, au poste de polissage. Il espère y obtenir enfin un emploi fixe : « J’ai toujours aimé ce boulot, je suis polyvalent. »
Le respect des travailleurs sur leur lieu de travail le touche particulièrement : « C’est comme dans la société, si les gens ne se sentent pas respectés, bien dans leur vie, ça engendre de la violence et du mécontentement. La pauvreté engendre la révolte. »
La révolte, son leitmotiv. Si ses proches le disent dynamique, sociable et disponible, Alex se voit avant tout comme « rebelle » : « Je me rebellais contre tout, contre mes parents, la société, toute forme d’autorité. »
Depuis, Alex a changé de point de vue. Car, entre ses amis, sa famille, le sport, le poker et les échecs, il y a la lecture. Pour lui, le changement passe par le savoir. Son livre du moment, une biographie de Karl Marx, l’interpelle : « Il est mort sans patrie après s’être battu toute sa vie, et rien ne le prédestinait à faire tout ce qu’il a réalisé. »
Le parcours politique d’Alex est atypique également. Sa famille est socialiste depuis des générations, ses grands-parents étaient actifs au PS. Alex ne se sentait pas concerné par tout ça et, au moment d’aller aux urnes, son choix s’est porté vers l’extrême droite, sans connaître « ni leur programme ni leurs idées. Je n’avais pas confiance en la politique, je l’ai fait par révolte et colère. » Il poursuit : « La famille de mon meilleur ami est très proche du PTB, donc j’ai suivi le parti de loin pendant des années. »
Suite aux discours de la fête du 1er mai dernier, Alex décide de devenir membre actif au PTB. Les conditions de vie de ses parents et la volonté de transformer la société dans une période noire ont été son déclic. A propos de son engagement, il met d’abord l’accent sur son envie d’apprendre : « Je veux développer mes connaissances dans le social pour savoir comment faire pour changer les mentalités. » Il veut utiliser sa colère pour servir les générations futures, et se projette comme un « éveilleur de consciences », pour aider le PTB à aller encore plus haut. Il agit notamment au sein de son entreprise.
L’actualité l’interpelle, tout y passe, des suppressions de trains à l’écologie, en passant par les prochaines élections et la situation désastreuse de la Grèce. « Ce système est obsolète, nous sommes à l’aube d’un changement. Je rêve de supprimer le capitalisme pour revenir à une société d’échange de services. »
Alex aime le théâtre « social », celui qui peut « déclencher des révoltes ». Il admire les talents d’improvisation des comédiens. Lui qui se dit introverti rêve de « leurs talents d’orateurs ». Il se voit, dans quelques années, interpellant la population « sur les réalités économiques, sociales et politiques de notre pays pour leur donner envie de changement ».