Plan du site | Newsletter | Aide | RSS |
Loading

Norme salariale :: Rigueur pour les travailleurs, pas pour les PDG

Après le rejet de l'accord interprofessionnel par une majorité de travailleurs, le gouvernement a décidé d'imposer une norme salariale de 0,3%. Alors que les bonus des PDG repartent à la hausse. De qui se moque-t-on ?

Alice Bernard

Le SETCa et la Centrale générale ont réalisé une tournée auprès des partis poltiques les 16 et 17 mars pour leur demander de s’opposer à l’accord interprofessionnel. Ils n’ont pas été entendus. (Photo Solidaire, Alice Bernard)

1er avril. Comme tout le monde, vous avez cherché et trouvé les poissons de vos journaux préférés. Et vous avez bien ri. Mais cet avis publié le 1er avril au Moniteur belge ne fait rire aucun travailleur : le volet « norme salariale » de l’accord interprofessionnel a été réglé sous forme d’arrêté royal. Et ce n’est pas un poisson. Un arrêté royal rédigé et signé par tous les partenaires du gouvernement en affaires courantes. Rien d’étonnant de la part des libéraux, mais interpellant de la part des socialistes qui avaient pourtant promis à leurs amis de la FGTB de tenir compte de leurs revendications.
    Laurette Onkelinx, chef de file du PS dans le gouvernement, a donc bel et bien signé pour une norme salariale impérative de 0,3% d’augmentation, en 2012 seulement. Et le texte indique clairement qu’il s’agit d’une marge maximale. Plus question de norme indicative, comme lors des accords précédents. Mais sur le terrain, comme l’a déclaré Erwin De Deyn, président du SETCa (centrale FGTB des employés), « nous allons négocier dans les secteurs et les entreprises en prenant pleinement nos responsabilités, mais librement. Nous ne nous laisserons pas imposer de carcan dans les secteurs et entreprises qui peuvent faire plus. »
    Justement, parlons-en, de ces entreprises qui peuvent faire plus.
    Les bénéfices de l’exercice 2010 déjà publiés le montrent : il y a de la marge ! Mais une grande partie de ces bénéfices va aux actionnaires et de fabuleux bonus sont à nouveau prévus pour le top management. KBC accorde 480 000 euros de bonus (donc en plus de son salaire qui n’est déjà pas petit) à Jan Vanhevel et Dexia a annoncé 600 000 euros pour Pierre Mariani.
    Fort de café, quand on sait que c’est grâce à l’intervention de l’État (donc de vous et moi) que ces deux banques ont survécu à la crise de 2008. Fort de café, quand on entend leurs lamentations sur la nécessité de modérer les salaires. Le journal Le Soir a calculé que, depuis 2006, les patrons ont augmenté leur pouvoir d’achat de 15 à 20%. Rien de tel pour les travailleurs. Certes, quelques députés socialistes ont déposé un projet de loi visant à limiter les bonus des top managers. Histoire de faire oublier la signature de Laurette Onkelinx au bas de l’arrêté royal qui interdit de donner plus que 0,3% aux travailleurs ?

Ce que les députés ont voté

Suite au rejet du texte par deux syndicats, le gouvernement l’a remanié en apportant quelques améliorations : augmentation (10 euros par mois) du salaire minimum et affectation à 100 % au lieu de 60 % de l’enveloppe destinée aux allocations sociales. Mais l’augmentation du salaire minimum se fera en net et pas en brut, et sous forme de réduction fiscale, donc à charge de la collectivité. Et les formules de rapprochement (pas d’harmonisation vers le haut) des statuts ouvrier-employé ne suppriment pas le jour de carence des ouvriers, entérinent le début du démantèlement du statut des employés et permettent aux patrons de licencier plus facilement et moins cher.


Réagir ?

Pas de commentaire
Ajouter un commentaire

* - champ obligatoire

*





*
*