Plan du site | Newsletter | Aide | RSS |
Loading
10 mai 2010 18:06 | Il y a : 2  an(s)
| Thème: Campagne taxe des millionnaires, Non-marchand, Charleroi, En direct des entreprises

Non-marchand - Manifestation à Charleroi :: « Faites sauter le bouchon »

« Prêter l’oreille, c’est bien. Ecouter, c’est mieux » ont clamé les travailleurs du non-marchand dans les rues de Charleroi le 6 mai. Depuis sept mois, les négociations avec les gouvernements régionaux attendent de démarrer vraiment.


Elles – ou ils – sont infirmières, éducateurs, travailleurs du socioculturel ou de l’associatif… Des secteurs où les cadeaux ne tombent jamais du ciel, car tant les patrons que les gouvernements ont les oreilles bouchées. (Photo Linda Léonard)

Place du Manège, 9 h. Petit à petit, les travailleurs du non-marchand de toute la province du Hainaut, renforcés par un car de Liégeois, se rassemblent pour entamer une sorte de pèlerinage. Ils ont prévu de rallier dans la matinée les sièges carolos des différents partis pour leur faire part, à quelques semaines de nouvelles élections, de leurs attentes. Ecolo, PS, CdH et MR sont tous impliqués dans l’un ou l’autre gouvernement dont le secteur non-marchand dépend pour pouvoir fonctionner.

Depuis des mois, les demandes des travailleurs n’ont pas changé : il faudrait 60 000 emplois supplémentaires pour pouvoir répondre à l’augmentation des demandes de soins ou d’aide sociale. C’est le très sérieux Bureau du Plan qui le dit. Les barèmes salariaux sont parmi les plus bas de Belgique (il n’y a pas de 13e mois, par exemple) et les horaires de plus en plus flexibles. Enfin, les tentatives de commercialisation se font de plus en plus pressantes. Des grands groupes internationaux rachètent des maisons de repos où ce n’est plus le bien être des personnes âgées qui compte, mais la rentabilité financière. Quand on a le souci de servir et soigner les gens, c’est inacceptable.

C’est pourquoi, tous les cinq ans, les travailleurs du non-marchand négocient leurs conditions de rémunération et de travail avec les gouvernements qui distribuent les subsides. Le problème, c’est que le cahier de revendications a été déposé en octobre et que rien n’a avancé jusqu’en avril de cette année. Enfin, une embellie budgétaire prévisible dans les comptes des gouvernements de la Région wallonne et de la Communauté française a amené ces derniers à la table des négociations.

Mais quelle ne fut pas la surprise des organisations syndicales de voir les gouvernements régionaux et communautaire intégrer dans la négociation de l’accord social non-marchand le cahier de revendications des employeurs du secteur. Or, les négociations portent sur l’emploi, les conditions de travail et de rémunération, la valorisation des professions du secteur. « Profiter de la négociation de l’accord social pour intégrer des revendications patronales, et tenter ainsi de les intégrer dans les demandes budgétaires, c’est véritablement pratiquer la politique du coucou (cet oiseau qui fait couver ses œufs par les autres) », disent les organisations syndicales en front commun.

C’est pourquoi la mobilisation se renforce. Après Charleroi, d’autres actions régionales auront lieu à Liège le 19 mai et à Namur le 25. Avec un grand rendez-vous national à Bruxelles le 8 juin, quelques jours avant les élections. Et plus question de se laisser séduire par l’une ou l’autre promesse. Le secteur a besoin d’argent, les nouveaux élus devront aller le chercher ailleurs que dans les poches des travailleurs et leurs familles. Et pourquoi pas en taxant les millionnaires ?


Réagir ?

Pas de commentaire
Ajouter un commentaire

* - champ obligatoire

*





*
*