Il faut une sacrée dose d’altruisme pour travailler dans ces services d’aides aux personnes, où la pénibilité ne cesse d’augmenter alors que les salaires flirtent souvent avec le smig (Salaire minimum interprofessionnel garanti). La situation devient intenable et ils ne peuvent plus faire face aux demandes. Le personnel qui part à la retraite sans être remplacé, les absences dues aux maladies ne sont plus compensées, les horaires sont de plus en plus lourds et la qualité des soins, que ce soit aux enfants, aux personnes âgées, aux handicapés ou aux malades en pâtit.
Les politiques ne bougent pas. Ils disent comprendre le problème, mais l’absence de gouvernement les paralyse. Le fait qu’Elio Di Rupo soit actuellement formateur rend les choses encore plus difficiles car les socialistes ne veulent pas gêner les négociations de leur président en prenant des décisions qui pourraient déplaire à ses interlocuteurs flamands. C’est le blocage total (voir Solidaire N° 13 du 31 mars 2011). Et pourtant, les besoins sont de plus en plus criants. Début avril, ils étaient 10 000 dans la rue. Toujours dans une ambiance bon enfant. Cette fois, plus de 20 000. Et, gageons que si rien ne se débloque, ils ne vont pas éternellement rester compréhensifs et sympathiques.