*clicquez pour imprimer*
24 janvier 2012 17:49 | Il y a : 121  jour(s)
| Thème: Communiqué de presse, Belgique, Belgique, Allemagne, Pauvreté/Riches

Modèle allemand de pauvreté : la ministre De Coninck surprise en flagrant délit de copie

Ce lundi, notre Premier ministre Elio Di Rupo a spécifié à Angela Merkel que « l’Europe ne doit pas s’inspirer du modèle allemand ». Pourtant sa ministre de l’Emploi, Monica De Coninck s’en inspire, en plaidant pour l’introduction de contrats flexibles, avec licenciements facilités pour les employeurs.

Service de presse du PTB

« Le PTB se pose des questions quant à la schizophrénie du gouvernement et de ses ministres. Si en Allemagne, en compagnie d’Angela Merkel, le Premier ministre affirme que le modèle allemand “n’est pas exportable”, en Belgique, les récentes déclarations de Monica De Coninck concernant les réformes de l’emploi vont dans le sens contraire », indique Raoul Hedebouw, porte-parole du PTB.

La ministre veut ainsi introduire de contrats flexibles, de six à huit mois, qui seraient facilement résiliables par l’employeur si l’employé n’en respectait pas les conditions. La ministre plaide très clairement pour le modèle allemand. En effet, les réformes qu’elle propose  vont dans le sens d’une flexibilisation accrue de l’emploi et une précarisation des contrats de travail. Son projet cadre ainsi parfaitement avec les exigences de la commission européenne et du modèle développé en Allemagne.

Le service d’études du PTB constate que bien que nous ne sommes pas encore arrivés au « modèle allemand », avec ses boulots à un euro de l’heure et où le travail intérimaire est devenu « l’horizon normal » du travail salarié, nous semblons pourtant suivre la même voie. Depuis 2001 on a pu constater une augmentation substantielle du travail à temps partiel de 18 à 24 % de l’emploi total. Aujourd’hui un emploi sur 4 est à temps partiel1. Le dernier annuaire fédéral sur la pauvreté en Belgique constate qu’« une personne sur cinq, vivant sous le seuil de pauvreté, travaille (à temps partiel ou à temps plein). Un des principaux facteurs responsables de cette situation est l’augmentation des emplois précaires. »2

Malgré cette situation déjà préoccupante, le gouvernement veut nous faire passer la vitesse supérieure en matière de précarisation. La note législative de Monica De Coninck sur la politique générale de l’emploi, précisait clairement son objectif de « transposer la directive européenne relative au travail intérimaire ». La volonté est donc de généraliser à l’ensemble du monde du travail le travail intérimaire et d’en faire « l’horizon normal » du travail salarié en Belgique comme en… Allemagne.

En outre, le PTB est particulièrement choqué de la manière donc Monica De Coninck parle des personnes dans des situations sociales difficiles et dénonce son projet de réinsertion par le travail forcé. Ainsi pour ses « inadaptés sociaux » - qu’elle qualifié de « peu intelligents, trop vieux, ou dépendants à l’alcool, à la drogue », elle demande des travaux « d’intérêt public » pour « qu’ils restent intégrés dans la société. »

« Le PTB ne doute pas qu’un travail stable, valorisant et aux conditions humaines favorise l’intégration sociale. Cependant, le projet de la ministre de l’emploi est justement de détruire ce type d’emplois pour le remplacer par des formes très précaires de travail qui, loin d’aider, renforceront l’exclusion sociale et les situations de pauvreté chez les travailleurs, s’insurge Raoul Hedebouw. Il faut savoir que cette mesure existe pourtant aujourd’hui dans deux pays : l’Allemagne où l’aide sociale est conditionnée à du travail presque pas rémunéré et… la Hongrie, où les personnes les plus pauvres sont exploitées pour recevoir une allocation sociale en dessous du seuil de pauvreté. » 

Raoul Hedebouw conclut : « Comme parti de gauche, nous nous opposons ainsi à cette pente dangereuse vers un modèle qui loin d’avoir fait ses preuves approfondira la crise. Seule une réponse touchant les plus riches peut nous donner une alternative à l’austérité. La taxe des millionnaires, un impôt de 2 % sur les fortunes au-dessus d’un million d’euros, est une piste alternative sérieuse pour créer de l’emploi et refinancer la sécurité sociale. »

 

1. Passant  de 73 8000  en 2001 à  1 053 000  en 2010. Statistiques Eurotstat, consultation octobre 2011 • 2. Pauvreté en Belgique, Annuaire 2012

Service de presse du PTB

 

Contact :

Raoul Hedebouw

 

 

 

 


Réagir ?

Pas de commentaire
Ajouter un commentaire

* - champ obligatoire

*





*
*
Ce site se trouve ici: http://www.ptb.be/nieuws/artikel/modele-allemand-de-pauvrete-la-ministre-de-coninck-surprise-en-flagrant-delit-de-copie.html