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22 décembre 2011 18:16 | Il y a : 153  jour(s)
| Thème: En direct des entreprises, Limbourg, Pensions, Syndical

Limbourg :: « Défendre les droits à la pension pour la génération qui vient »

Mercredi soir, à la gare de Hasselt, un piquet d’une trentaine de personnes en vareuses rouges et vertes. Plus que lors des précédentes grèves. Il est près de 10 heures et on ne voit presque plus rien comme mouvement de trains.

Free Van Doorslaer

Ils savent très bien ce qui est en jeu et ils veulent poursuivre les actions contre le gouvernement : « Nous devons continuer jusqu’à ce qu’ils craquent. »

« Pourquoi travailler plus longtemps et, par-dessus le marché, toucher une pension plus petite encore ? », entend-on encore. Ils veulent également être solidaires avec leurs collègues de Wallonie.Et ils digèrent passablement mal la campagne de calomnies contre les cheminots dans une certaine presse : « C’est tout le secteur public qui fait grève, mais c’est encore à nous qu’ils s’en prennent ! »

Jeudi matin, des piquets se constituent devant quelques bâtiments de service. Entre autres, devant les bâtiments de l’Onem à Hasselt et à Tongres, qui ferment complètement. De même, la « Vlaams Huis » (Maison flamande), où plus de 300 fonctionnaires de l’administration flamande travaillent, s’est vu coller un piquet de grève dès 5 h 30 déjà. Les grandes portes en verre sont fermées, on n’entre pas. Au contraire des précédentes grèves, il n’y a quasiment pas de volontaires. Les militants syndicaux n’ont eu que deux jours pour prévenir tout le monde. « J’ai fait le plus possible la tournée des bureaux, dit un délégué, et il y a bien plus d’implication que pour l’action précédente. » L’hôpital psychiatrique de Rekem, où 600 personnes travaillent, travaille en service dominical, nous fait savoir un syndicaliste.

Les jeunes les premières victimes

Qu’est-ce qui les touche le plus, aux gens ? « Ici, c’est surtout le fait que, pour les gens qui travaillent à temps partiel, cette période de temps partiel ne pourra plus compter que pour un an maximum pour leur pension. Nombreux sont ceux qui veulent arrêter leur travail à temps partiel ou leur interruption de carrière pour quand même garder le niveau de leur pension. Et quelle en sera la conséquence ? Que tous ces jeunes qui avaient trouvé du boulot en remplacement de ces gens – et ils ne sont pas peu – vont voler dehors une fois de plus. En fait, ce sont les jeunes les premières victimes des plans de pension », répond Gerda. Cela fait penser à la démagogie patronale qui reproche aux syndicats de n’avoir aucune considération pour l’avenir des jeunes…

Pas de bus dans le Limbourg

Au grand dépôt de De Lijn à Hasselt, le grand parking est noir de bus, bien alignés les uns à côté des autres. Aucun n’a roulé. Mais, ici, pas de piquet de grève, seul le secrétaire CGSP Willy Claes vient nous dire bonjour : « Les lignes sous-traitées au privé font grève elles aussi. En tout et pour tout, huit bus seulement auront roulé dans tout le Limbourg, 8 sur 1 000 environ… » Jamais encore la grève n’a été aussi totale.

Concentration devant le bâtiment de l’ONP

Dans le Limbourg, le front commun syndical avait choisi les bureaux de l’Office national des pensions (ONP) comme lieu symbolique pour une concentration de grévistes. Nombre de militants des centrales privées viennent pour soutenir leurs collègues du secteur public. Il y a des délégations de Ford, Alro, Jaga, Aperam, du bâtiment, des syndicats employés…

La place devant le bâtiment est toute verte, rouge et bleu, pour 11 h. Ils sont venus à 500 environ. Dans les discours, le Quicky (Van Quickenborne), entre autres, en prend pour son grade, mais le secrétaire CGSP tire surtout à boulets rouges sur les plans du gouvernement. Et il s’en prend aussi à la campagne de calomnies contre les syndicats dans la presse : « Qui est responsable du foutoir dans le budget ? Ce n’est quand même pas notre faute ? Ce sont les banques et les spéculateurs qui sont responsables de la crise. Mais nous, les fonctionnaires, nous devons la payer trois fois alors que nombre d’entreprises ne paie pas un centime d’impôt ! », dit-il avec colère en montrant du doigt le grand bâtiment de Fortis derrière lui. Il qualifie les mesures en rapport avec les pensions de « rupture de contrat » et de « violation flagrante des règles du jeu ». Et, en guise de réponse à ceux qui veulent en faire un conflit générationnel : « Nous, les syndicats, voulons défendre les droits à la pension pour la génération qui nous suit ! »

 

 

 


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