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22 décembre 2011 15:20 | Il y a : 154  jour(s)
| Thème: Belgique, En direct des entreprises, Liège, Syndical, Pensions

Liège :: grève totale des fonctionnaires, métallos solidaires

Comme les autres villes du pays, Liège était paralysée par la grève des travailleurs des services publics. Choqués par le coup de force gouvernemental sur les pensions, plusieurs dizaines de syndicalistes du secteur privé les ont rejoints au pied de la tour des Finances.


« Aucun train ne circule, personne ne travaille à l'atelier de Kinkempois, les bureaux administratifs de la rue des Guillemins sont vides aussi, l'arrêt est total » expliquent les cheminots, en front commun. Poste, administration communale, Onem, Forem, écoles, TEC,... tout est fermé. « C'est incroyable l'arrogance de ce ministre qui veut faire passer toutes ses mesures avant la fin de l'année » dit une déléguée CSC à l'entrée du ministère des Finances. « Est-ce qu'ils se rendent compte ce que ça veut dire, travailler deux ans de plus? Et pour toucher une moins bonne pension? On ne peut pas laisser passer ça. » Tout le système de badges électroniques d'accès au bâtiment a été désactivé, seuls quelques « volontaires au travail » errent sur le parking quasi désert. Pour donner plus de force à la mobilisation, les métallos de la FGTB ont eux aussi décidé de marquer le coup: la FN Herstal est en grève, et les entreprises du zoning des Hauts-Sarts tournent au ralenti. Plusieurs dizaines de militants sont descendus en ville, à la tour des Finances, où un rassemblement s'est formé dès 7h du matin. La CSC a amené les croissants, la FGTB s'est chargée du café. Les employés du privé sont là aussi. Une déléguée Setca du commerce répond aux jeunes de Comac, le mouvement de jeunes du PTB, qui mènent une petit enquête: « Je recale le gouvernement pour le relèvement de l’âge de la prépension, et les mesures antisociales comme la modification de la pension de survie, la suppression des périodes assimilées et la problématique du crédit-temps, qui va toucher beaucoup de femmes. Ils ont pris un an et demi pour former le gouvernement, et maintenant il faudrait tout faire vite sous la pression des agences de notation. C’est un putsch de la Commission européenne. Petit à petit, les gens commencent à comprendre ce qui risque d'arriver. Je pense que le mouvement d'aujourd'hui va se durcir en janvier. Il faudrait que tout le monde sorte dans la rue. » Selon plusieurs délégués du Setca, il y a moyen d'aller chercher l'argent ailleurs que chez les travailleurs: supprimer les intérêts notionnels, faire payer correctement l'impôt sur les sociétés. Patrick a entendu Raoul Hedebouw (PTB) mercredi matin à la radio: si Electrabel et ArcelorMittal payaient l'impôt des sociétés à 34% comme la loi le prévoit, on aurait les 700 millions qu'on veut trouver maintenant avec la réforme des pensions. Voilà une solution. « On va être souvent dans la rue en janvier, ajoute Eric. Mais il faudrait encore mieux faire circuler le message, le grand public n'est pas encore bien au courant. Et on n'a pas vraiment la presse avec nous, quand on voit tout le tapage qu'ils font contre la grève. La seule chose qui les intéresse c'est d'annoncer des bouchons monstres, alors qu'il pourraient expliquer que nos pensions vont diminuer et que nos enfants vont vraiment avoir du mal à trouver du boulot et à se lancer dans la vie. » Thierry Bodson, secrétaire général de la FGTB wallonne, estime que la grève générale prévue pour le 30 janvier est absolument nécessaire « car on sait que le gouvernement va être confronté à l'ajustement budgétaire au mois de mars et sera obligé de prendre des nouvelles mesures. Il faut continuer à organiser la pression si nous voulons éviter qu'il vienne une nouvelle fois puiser dans nos poches. »


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