Bravo à la révolution des frites
Nous ne voulons pas de scission non plus. Nous sommes d'accord avec ces jeunes personnes aussi, on en a ras le bol de tous ces politiciens qui nous enquiquine franchement.
Danielle Smith Lang (Ougrée)
Poème du poète égyptien Ahmad Fouad Negm
Heureux, heureux
À chaque nouvelle révolution, nous sommes heureux !
Ceux qui sont tombés sur le champ d’honneur, heureux
Ceux qui ont préparé la révolte, heureux !
Ceux qui y ont pris part, heureux !
Ceux qui avaient l’estomac vide, heureux !
Ceux qui luttaient avec leurs armes, heureux !
Ceux qui luttaient avec leurs paroles, heureux !
Compte les années
Compte les pierres de notre terre
Les nuits de notre souffrance
Les étoiles de notre ciel
Et tu nous retrouveras à chaque révolte, heureux ! »
Abdelouahed Bernicha, (M’Diq, Maroc)
Grève générale
Les conditions nouvelles de l'après guerre sont les plus favorables que nous ayons connues et un syndicalisme puissant en effectifs, sûr de sa doctrine, fort de l'action de ses membres, doit l'emporter sur les puissances financières qui tentent à nouveau de s'opposer au progrès social et conserver des privilèges inouïs dans l'exploitation privée d'entreprises d'intérêt public (distribution d'électricité, transports en commun, etc).
JPW, Flémalle
Bpost en régression sociale
Merci à vous pour votre mobilisation pour « protéger » le métier de facteur et les agents. Il faut plus que jamais que les travailleurs communiquent entre eux. Oui, nous avons été très heureux de notre rencontre avec l'ACOD d'Anvers. Nous devons protéger notre métier, notre statut, les acquis gagnés par les anciens qui se sont battus pour nous. Ce n'est pas que nous refusons la modernisation de la Poste mais il n'est pas question d'une régression social et une situation précaire proposée pour les facteurs auxiliaires. La Poste dit devoir faire face à la libéralisation mais pourtant aucune concurrent ne s'est encore présenté. Nous sommes au début d'un long combat mais il est nécessaire.
Carine Rongé
Cuba : un relent néolibéral ?
Je comprends qu'il faille adapter le système, le modeler et le corriger pour le rendre plus performant. Mais le discours cubain me choque. Le service dans un snack sera meilleur dès lors que les employés auront un patron privé plutôt que l'Etat? Le travail indépendant garantit-il un meilleur service à la clientèle? D'où ça sort, ça, si ce n'est des discours libéraux qui envahissent la planète? Je crois au contraire que c'est à l'Etat de trouver les moyens de rendre ses employés motivés et innovants. « Vivre éternellement au frais de l'Etat, c'est terminé » : bienvenue dans l'ère libérale !
Andina
La traque aux petits fraudeurs
Dans les « carnets de Mahé » du 17 février dernier, il est question du sous-effectif au SPF Finances. Ceci n’empêche pas les fiscards restant d’embêter le petit peuple. Depuis trois ans, je remplis ma déclaration d’impôts par ordinateur. Récemment, alors que je m’attendais à recevoir mon avertissement-extrait de rôle, j’ai reçu une lettre comminatoire des Contributions directes m’enjoignant de fournir la « Preuve de paiement des libéralités », avec le montant déclaré entre parenthèses. Sous peine de… et de… et de… Petit moment de panique : ciel, me serais-je lourdement trompée dans le montant repris dans ma déclaration ? Que nenni. Le montant déclaré correspond à l’euro près au total de mes attestations fiscales. Encore une chance que j’aie pu aller porter mes attestations au bureau de Schaerbeek, sinon cela m’aurait encore coûté des frais d’envoi recommandé. Je n’en veux bien évidemment pas aux fiscards qui suivent les consignes, mais bien à Didi et consorts qui traquent les éventuels petits fraudeurs, mais ne s’attaquent pas aux gros.
Suzanne Corbisier
L’hypocrisie du prix Nobel
John Pilger, un journaliste australien qui s’est vu décerner à deux reprises la distinction britannique de « Journaliste de l’année », écrit que, tout de suite après l’agression américaine contre l’Irak, en 2003, il a eu un entretien avec Ray Mc Govern. Cet officier de la CIA s’opposait à l’agression américaine parce que la politique de Bush reposait sur des mensonges à propos du danger émanant de l’Irak.
John Pilger lui avait dit que, selon l’écrivain américain Norman Mailer, les États-Unis étaient devenus un État préfasciste. Ray Mc Govern avait répondu : « Je voudrais qu’il ait raison mais, selon moi, les États-Unis sont déjà un État carrément fasciste. » John Pilger s’est souvenu de cette conversation lorsque, le 16 février, Hillary Clinton a tenu un discours à l’université George Washington. Elle condamnait tous les régimes arabes qui recouraient à la violence contre leurs citoyens. Elle parlait du droit à la liberté d’expression, de l’importance de la paix et de la démocratie. Ray Mc Govern était l’une des personnes présentes. En colère contre cette hypocrisie, il s’était levé et avait tourné le dos à Hillary Clinton. Des agents de sécurité l’avaient jeté par terre, lui avaient passé les menottes et l’avaient emmené tout ensanglanté dans une prison. Ray Mc Govern a 71 ans et c’est un citoyen américain qui, manifestement, ne jouit pas des droits que madame Clinton revendique pour les citoyens arabes. Voilà un homme qui se fait tabasser et menotter sous les yeux de madame Clinton qui, imperturbable, continue à parler de paix, de liberté et de démocratie.
Depuis 1945, les États-Unis ont renversé par la violence les régimes en place de plus de cinquante pays. Ils se sont servis de dictateurs comme Suharto, Marcos, Mobutu, Pinochet… afin d’anéantir des démocraties, opérations au cours desquelles des centaines de milliers de citoyens ont perdu la vie. Au Moyen-Orient, les États-Unis ont soutenu ou mis en place toutes les dictatures et pseudo-monarchies favorables à Israël. Par le biais de l’opération secrète « Cyclone », la CIA et le MI6 ont conçu les premiers noyaux de l’extrémisme islamiste. Aux États-Unis, 45 % des Afro-américains sont sans travail, des millions de personnes vivent dans les mêmes conditions que les gens les plus pauvres du Tiers Monde, pendant que les managers des fonds de couverture gagnent en moyenne un milliard de dollars par an. Et ce régime barbare s’arrogerait aujourd’hui le droit de se profiler comme le défenseur des intérêts des peuples arabes en révolte ?
Rob Van Vlierden