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21 décembre 2011 14:09 | Il y a : 155  jour(s)
| Thème: Lettres

Lettres Solidaire 49-50

Décès suspects
Dans un parc de Jambes, un SDF de 56 ans a été retrouvé mort. Cause du décès : hypothermie. Bon pour quatre lignes d’information sur le site de De Morgen. L’hiver dernier, j’ai compté six informations succinctes de ce type : un SDF mort à Mouscron, un à Anderlecht, deux à la gare de Bruxelles-Midi, deux dans le métro bruxellois. Ce qui surprend, c’est qu’aucun de ces décès ne vaut un article entier et encore moins retentissant. Chaque fois, les faits sont mentionnés en un bref communiqué, plutôt sec. En outre, il est clairement dit qu’il ne s’agit pas d’un décès suspect. Comme pour dire : ce n’est pas la peine, il ne s’est absolument rien passé, il s’agit d’une mort naturelle, il se fait seulement qu’au moment du décès, la victime n’était malheureusement pas sous un toit... Il s’agit quand même de gens qui vivent dans la rue, qui se couchent à même le sol dans des endroits publics et qui y meurent ! N’y a-t-il donc vraiment rien de suspect là-dedans ? (…)
    Ce sont des temps particulièrement difficiles qui attendent les laissés-pour-compte d’aujourd’hui. À Bruxelles, les SDF sont proprement chassés des gares. À Amsterdam, un SDF doit pouvoir prouver qu’il séjourne depuis plus de trois mois dans le pays, sinon il se voit refuser l’accès à tout abri. Histoire d’empêcher les abus, cela va de soi. Mais la perspective la plus jojo se trouve en Hongrie. Là, un SDF se voit infliger une amende d’au moins 500 euros ! S’il ne peut la payer et qu’il est à nouveau contrôlé dans les six mois, il se retrouve en prison.
    Et, entre-temps, sur les marchés de Noël de tout le pays, on vide d’innombrables litres de soupe au profit de toutes sortes d’associations qui se préoccupent du sort de nos prochains mal lotis. Des politiciens locaux posent avec de larges sourires devant les photographes de presse, brandissant fièrement une louche. (…)
    Dans son ouvrage « Une nouvelle histoire du monde », Ricardo Petrella y va d’un trait cinglant : « Le 21e siècle doit être celui où l’on déclarera la pauvreté illégale. (…) Il ne s’agit pas de partir en guerre contre les riches, mais bien contre les idées de ces riches qui légitiment l’existence de la pauvreté comme un “fait naturel” et qui prétendent que la pauvreté est inévitable. Il s’agit de combattre la pauvreté jusqu’à ses racines, en éradiquant les facteurs qui engendrent la pauvreté et la maintiennent en place. »
Dirk Tuypens

Schizophrènes ?
Quand on lit leur programme électoral et que l’on voit ce qu’ils font dans la réalité, on se demande vraiment s’il s’agit des mêmes qui s’apprêtent à plonger des milliers de chômeurs dans la misère.
    Jugez plutôt. Pour le cdH, « préserver le niveau de vie des gens, veiller à ce que chacun ait le droit de s’épanouir et de se réaliser ». Pour le PS, « sortir 300 000 personnes de la pauvreté d’ici à 2020, relever les allocations les plus basses de la sécurité sociale ». Complètement schizophrènes. Ou alors, ils nous prennent pour des cons.
Bob, Binche

Réveil

Quand va-t-on finir par comprendre que la démocratie belge est morte, que nous sommes en dictature, gouvernée par une mafia d’agences économiques ? Quand va-t-on se réveiller ?
Michel Souppart,
Jemappe

11 millions

Le peuple n’a rien à dire, il n’existe par exemple pas de référendum. Les manifestations devaient se faire avant que le gouvernement ne signe son accord. De plus, il y a 11 millions d'habitants en Belgique et seulement 80 000 se sont déplacés, y compris moi : comment est-ce possible ? Il fallait paralyser le pays avant.
Salvatore Palumbo,
Seraing

Mikis Theodorakis et Manolis Grezos à propos de la crise

Ce dimanche matin, j’ai écouté à la radio deux beaux petits extraits de l’opus pour guitare Epitaphios, de Mikis Theodorakis. Ce compositeur grec, coauteur récemment du cycle Mauthausen, en compagnie de l’ancien héros de la résistance grecque Manolis Grezos, a écrit les phrases suivantes : « Une poignée de banques, d’agences internationales de rating, de fonds d’investissement, une concentration encore jamais vue de capitaux internationaux veulent s’emparer du pouvoir en Europe et dans le monde. Ils utilisent l’arme de la dette afin de renverser nos démocraties et de réduire les peuples européens en esclavage. » Les deux hommes parlent du fascisme financier et appellent les Européens à se révolter contre l’hégémonie des marchés financiers. Allons-nous nous laisser infliger cette humiliation internationale ? Ou allons-nous enfin faire ravaler ces beaux discours et ce rideau de fumée sur la solidarité européenne que nous sert toute cette clique néolibérale ?
Jean Dexters,
Maasmechelen

Mesdames et messieurs les parlementaires, dormez bien !

C’était écrit qu’on n’oserait pas s’en prendre au grand capital. On réalise des bénéfices colossaux, mais les économies se font sur le dos des simples citoyens. Mais on ne va pas pouvoir continuer à traire cette vache indéfiniment. Mettre les gens financièrement le dos au mur réveille chez eux l’instinct de survie. Cela provoquera de plus en plus d’actes de désespoir. Si nos représentants, qui prétendent pourtant se faire du souci à notre sujet, désirent avoir ça sur leur conscience, qu’ils continuent surtout à agir de la sorte. En espérant que les citoyens qui travaillent dur soient de plus en plus conscients et qu’ils se lancent enfin à des actions musclées. D’office, je suis partant !
Willy Ivens, Beveren-Waes


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